les derniers poèmes envoyés..;

  • les derniers poèmes envoyés..;
    Et même si le ciel pleure,
    Et même si tes yeux ne peuvent voir le soleil,
    L'équilibre s'empare de toi
    Parce que tu aimes,
    Parce que tu es aimé

    Et de ces nuages gris
    Tu fais des dentelles d'amour
    Brodées pour l'élu de ton coeur
    Et de ces larmes du ciel
    Tu fais un collier de perles
    Pour te parer de pureté

    Un feu de passion réchauffe ton coeur
    Allumant les braises qui l'attiseront au retour
    Et à leur tour lui feront oublier
    Tout ce qui n'est pas toi
    Tout ce qui n'est pas lui...


    --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------


    Rides d'automne.

    Tu lui souris et son visage s'éclaire,
    Tu lui parles et elle raconte...
    Elle a tant de souvenirs, la vieille dame ,
    Elle fut bébé cajolé par des parents aimants,
    Elle fut jeune fille amoureuse et passionnée,
    Elle connut des guerres, des moments douloureux
    Que sa mémoire a effacé
    Elle a été femme, épouse, amie
    D'un compagnon dont elle fut la reine pendant des années
    Mère à son tour d'enfants qui sont ses plus beaux joyaux
    Elle vit à présent avec ses souvenirs
    Qui jalonnent sa vie de coin de ciel bleu et de rayon de soleil
    Elle a encore tant besoin de la tendresse des siens
    Elle a encore tant besoin de ton amitié et de ton temps
    Pour avancer à petits pas dans une vie
    Qui va souvent beaucoup trop vite pour elle...



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    lettre de Valentin à Valentine...


    Laisse moi te prendre par la main
    Et t'emmmener vers le jardin
    Sous un cerisier en fleurs
    Nous écouterons le chant des oiseaux


    Laisse moi t'emmener vers demain
    Je te construirai de mes mains
    Des pyramides d'amour
    Afin que tu voies toujours le soleil


    Laisse moi te donner mon cœur
    Afin qu'il trouve le bonheur
    Car près de toi le temps, magique
    Devient un rêve magnifique


    Réponse de Valentine à Valentin...

    Je te laisserai devenir
    Mon professeur d'amour
    Et tu me feras connaître
    La plénitude du bonheur


    Au travers de tes rires
    J'apprendrai la joie de vivre
    Sensation de bien-être immense
    Partagé avec toi,mon aimé


    Au travers de tes rêves
    Nous volerons vers un firmament constellé d'étoiles
    Scintillantes comme feux d'artifices
    Que nous consommerons ensemble dans la maison de l'Amour

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la libération d'un "pas" amour maternel
Ce n'est pas du venin que tu crachais,c'était pire...
Tu ne m'as pas aimée,tu m'as sans doute haïe mais je t'ai tout pardonné,
ne dit on pas que la haine est proche de l'amour?
j'ai donc eu beaucoup d'amour...
Merci maman,je t'aime parce que tu m'as appris l'Amour
Cette sensation de choix,toujours,entre haine et amour que tu recois
Tu deviens pas à pas un "toi" réactionnaire
Oscillant entre deux monde
Le pire et le meilleur,sans doute
Mais je le proclame haut et fort
Option à contre-courant sont toujours les meilleures
et en dénoncant la haine,je me sens aimante
et en regardant le ciel,je me sens libérée
et en avancant vers demain,je marche vers les étoiles
et en te regardant,je réalise que je t'aime...

samedi 12 sept. 2009

prends la peine ...

Prends la peine
D'ouvrir les yeux,de regarder
Toi qui a la chance de voir tout ce qui t'entoure et même les croque-mitaines
Prends la peine
D'ouvrir ta bouche
Toi qui a la chance de goûter à tout et de pouvoir exprimer en parole même tes migraines
Prends la peine
De sentir,de humer ,de respirer
Toi qui à la chance de percevoir les parfums qui t'entourent,les senteurs des fleurs et même la fraîche verveine
Prends la peine
D'écouter,d'entendre
Toi qui a la chance de pouvoir te laisser submerger par les émotions musicales de Bruch et Bernstein
Prends la peine
De caresser,d'effleurer,de toucher
Tout ce qui t'entoure afin de saisir la texture subtile des moutons et de leur laine

Une heure,ne fut ce que une seule petite heure,essayez:
de bander vos yeux
de baillonner votre bouche
de mettre une pince à linge sur votre nez
de mettre des boules kies dans vos oreilles
de lier vos mains derrière votre dos...

et vous saurez tout ce qui peux vous manquer lorsque seulement un seul de ces organes disparait de votre vie...
Faites le test,je vous en prie
Vous gagnerez une connaissance immense:celle de comprendre la détresse de celui qui est handicapé par un de ces manque...
Combien d'aveugles,de sourd ou malentendant,de personnes frappées de mutisme total ou partiel,frappées d'anosmie(perte de l'odorat),paralysées avez vous croisées dans votre vie sans jamais vous demander quelles sont leur souffrance?Ce qui est d'ailleurs tout à fait normal car aussi longtemps que vous n'en souffrez pas,vous ne pouvez pas savoir la torture que cela représente.
C'est la raison de ce message,essayez c'est une prière que je vous adresse,c'est une requête qui vous semble sans doute stupide mais si vous le faites,vous me comprendrez...et si tel est le cas,envoyez moi vos réactions,cela me ferait tellement plaisir de savoir que ce message n'a pas été écrit en vain.Je me donnerai la peine de vous répondre et de vous expliquer pourquoi je serais contente de voir un maximum de personnes faire ce petit test.
Merci d'avance pour votre participation
avec toute mon amitié
Nadine

dimanche 23 août 2009

Le miroir

Je me réveille et je me regarde dans le miroir
Mais je ne reconnais pas ce visage marqué de noir
Je devrais rire et illuminer ce regard
Pourquoi ces restes de cafard?

Tout va bien dans ma vie
Je ne vis pas en Afrique et ne meurs pas de faim
Je ne risque pas de me faire tuer dans un conflit
Le soleil brille dans un ciel bleu sans fin

Mes enfants grandissent et je suis fière de les voir évoluer
Ma maison ne s'écroule pas et ne s'envole pas
Ma vie est somme toute une succession d'hivers et d'étés
Et je ne fais qu'avancer à petits pas

Mais que sont devenus mes rêves?
Mon idéalisme d'un monde parfait ou tout le monde se sourit et s'aime?
Mes illusions qui me faisaient poursuivre le bonheur et l'amour sans trêve?
Mon énergie à me battre contre toutes formes d'injustice et de misère même?

Les années passent et ont érodés mes révoltes
Mes luttes solitaires ont épuisés mes réserves
Les pertes ont transformés mes valeurs
Et peu à peu mes craintes du jour qui vient se transforment en peur

Mon visage se marquent de rides
Plus celles du sourire mais celles des sillons de larmes
Versées pour toute ces heures vaines ou je croyais en la vie
Et comme Don Quichotte courait sans armes

Je ne me retrouve plus
J'ai perdu mon identité
Je ne m'aime plus
Trop conforme à la société...

Troosters Nadine

mercredi 07 janv. 2009

regarde derrière le miroir...

Ne me regarde pas

Mais comprends moi

Si tes yeux ne peuvent supporter

La vérité

Ferme ta bouche et éteint ta voix

Car tu ne vaut pas la peine d'être la

Derrière le miroir

Se trouve le savoir

Va le chercher intensément,

Éperdument

Car les sots n'arriveront pas

Plus loin que le bout de leur trépas

Intelligence n'est pas loi

Mais en l'au delà il faut la foi

Et la découverte du coeur

Le vrai, celui qui fait que les soeurs

Ne sont pas toujours de même sang

Mais simplement

Mêlent le rubis au couteau

Comme indiennes unies contre l'américain maquereau

Qui les a dépouillés

Et leurs hommes tués

Sans jamais frémir devant la destruction

Des Sages en manque d'opposition

Crois en ton futur

C’est toi qui le feras sûr

Si enfin tu réalises

Que ta vie n'est qu'une part de toi qui s'enlise

Et que la condition première

Est d'admettre que ce n'est pas la dernière

Que de toutes ces chances offertes

Tu en as pris pour perpète

Chaque dessin de ma peau

Est un coup de couteau

Planté par ceux que j'aime

Chaque cicatrice blême

Est un torrent de larmes asséchés

Que mes ennemis ont fait couler

Tout est sombre au dehors

Et pourtant si clair en mon corps

Lacéré

Épuisé

Fatigué....

jeudi 25 déc. 2008

Si tu ne sais plus tendre la main

Si tu ne sais plus tendre la main

A ceux qui en ont besoin

Si tu ne sais plus sourire

A ceux qui ont perdu le rire

Si tu ne sais plus jouer

Avec les enfants dans le pré

Si tu as peur de ton ombre

Et que les étrangers te semblent en surnombre

Si tu as perdu la foi

Parce que tu n’as plus de toit

Si tu penses que le monde tourne mal

Mais que tu te complais avec les chacals

Si la vie te semble dure

Parce que ta peine est sans mesure

Si tu regardes les nouvelles

Sans penser à autre chose qu’a gagner ton ciel

Si tu n’as plus en toi que du chagrin

Et que tu as perdu ton chemin

Tes illusions

Tes passions

Ton idéalisme

Ton charisme

Ton amour

Va voir derrière les miroirs

Dans le noir

Essaie de retrouver la lumière

Dans ta chair

Ouvre la porte au soleil

Regarde le ciel

Crie ta fureur de vivre

Comme un homme ivre

Prends ta liberté

De pensée

Jette toi à corps perdu

Dans l’absolu

Essuie tes larmes

Sans vacarme

Continue la lutte

Pour ton but

Sors des sentiers battus

Tracés dans les talus

Sois toi-même

Et aime

Ceux qui s’en foutent

Ceux qui en doutent

Ceux qui n’ont rien

Ceux qui ont du chagrin

Ceux qui ont peur

Ceux qui dans leur bêtise demeurent

Car alors seulement

Tu seras libre de tes tourments

Par l’énergie que tu emploieras

A ne pas penser qu’a toi…

Troosters Nadine

samedi 29 déc. 2007

des voeux pour l'an nouveau

Une année s'achève

Une autre commence

Avec son cortège

De nouveaux désirs,rêves et chance

nous vous la souhaitons

Conforme à vos désirs et passions

Remplie d'amour

Remplie de beaux jours....

Nadine,Jimmy,Jason,Jesse,Jennifer,Kasper

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samedi 01 déc. 2007

ik wil graag delen...

Troosters Nadine

nodig u haar emoties uit te delen

vous invite à partager ses émotions

Oloiverf,poezie,glas gravure

peinture à l'huile,poësie,gravure sur verre

woensdag 5 december

le mercredi 5 décembre  vanaf 15 uur

à partir de 15 heures

pereboom 9

8647 Lo-Reninge

Belgique

troostersnad@hotmail.com

0497866202

jeudi 01 juin 2006

Un moment d’abandon

Il y avait si longtemps…si longtemps que Julie n’avait plus senti la main d’un homme caresser sa peau, si longtemps qu’elle refoulait toutes ses émotions. Et à présent, Jason avait sonné à la porte et se tenait la, devant elle, comme un chien perdu sous la pluie suppliant, quémandant la permission d’entrer et elle hésitait. Allait oublier ses années de combat contre la pire maîtresse qui soit, l’alcool ?

Elle vit en un instant défiler son passé devant ses yeux mais elle sentait faiblir sa détermination de le laisser au dehors. Le pouvoir de raisonner ne résistait pas à l’appel de l’amour et elle l’aimait encore, la petite boule au creux de son estomac le lui criait suffisamment haut pour qu’elle le laisse enfin pénétrer dans son nid.

Elle ouvrit la porte et s’effaça pour le laisser passer. Il la prit dans ses bras et voulut l’embrasser mais elle le repoussa d’un geste brusque, un réflexe de défense, s’offrant un moment de répit .Il alla s’installer dans le divan et ne dit plus un mot, la regardant en souriant, content d’être la et elle continua à vaquer à ses occupations, comme si elle avait oublié sa présence. Mais son esprit galopait à toute vitesse et ramenait à la surface de sa mémoire les luttes du passé.

Elle avait rencontré Jason à dix huit ans, il lui avait fait la cour six mois durant et il avait été son premier amant. Il lui avait tout appris de l’amour, lui avait révélé sa féminité .Il lui avait narré sa vie de marin et grâce à lui elle connaissait le Brésil, Corcofado, le pain de sucre,les bouges,les putains qui s’offraient une nuit entière pour manger. Le café que l’on allait chercher en Afrique, dans l’ancien Congo, avec les pères qui offraient leurs filles aux marins pour une montre ou quelques sous. Les discussions ardues sur ce sujet brûlant car elle n'avait jamais compris comment lui, Jason, si jaloux, si possessif avait pu partager ces filles pubères avec ses copains. L’Argentine chaude et brûlante, avec son climat politique douteux et son arrestation pour une nuit de prison d’où son officier en chef l'avait extrait de justesse. Les longues traversées de quatre mois sans femmes à bords, avec seulement l’alcool, les cigarettes et les changements de quart. La transpiration, les machines, l’odeur de l’huile, les bagarres à bord. L’histoire de sa noyade lorsqu’il était tombé entre le bateau et le quai, une nuit de beuverie ; le sauvetage par les marins Russes qui passaient par hasard et l’avaient entendu crier .Le récit de ces trois mois encore en Argentine, la fois ou le bateau avait du dévier de sa route pour le transporter d’urgence à l’hôpital de Montevideo ou l’on avait pratiqué l’ablation des amygdales. Elles étaient  tellement enflées qu’il ne pouvait plus respirer à la suite d’une nuit passée à chanter à tue tête « yellow submarine » dans les rues du port .Le rapatriement en Belgique par avion car son bateau ne reviendrait plus avant de longs mois…

Mais à côté de tous ces moments exaltants qu’il lui avait fait partager avec ses récits il y avait l’habitude d’alcool qu’il avait prise à la marine et dont il ne pouvait se défaire. Jason avait essayé de travailler à terre, dans des bureaux, mais le manque d’action le tuait. Ensuite, comme mécanicien, voyageant dans tout le pays pour réparer des machines d’imprimerie. Mais il ne pouvait pas laisser la boisson, et avait fini après un nombre incalculable de cures de désintoxications par être déclaré inapte au travail et invalide.

Julie l’avait soutenu toutes ces années dans son combat, et ils avaient eu trois enfants. Mais elle s’était toujours sentie seule et écrasée par le poids des responsabilités qu’elle avait prise pour les élever du mieux qu’elle pouvait. Elle avait toujours du trouver des solutions, des gardes lorsqu’elle devait travailler et qu’il était à l’hôpital pour ses cures. Après vingt ans de vie commune et de luttes sans résultat durable contre cette ennemie implacable qui était la bière et l'alcool, elle avait décidé d’acheter une maison et comme il avait des doigts habiles, elle pensait qu’il aurait ainsi un but suffisant pour qu’il ne cherche plus à passer ses journées dans les cafés. Elle était sure que son plan allait réussir et trouva la maison de ses rêves, une petite fermette qu’il fallait entièrement rénover dans un endroit calme, près d’une rivière et dans la nature. Elle avait fait la démarche toute seule, était allée la visiter et s’était sentie chez elle en entrant dans cette demeure. Il y avait plusieurs pièces, un poêle au charbon et un vieux fauteuil de cuir rouge juste devant ce chauffage. Elle s’y était assise et regardait autour d’elle les murs qu’il faudrait abattre, les chambres qu’il faudrait installer. Et elle était rentrée en lui faisant part de ses projets, il l'avait traitée de folle mais il lui avait promis, une fois de plus de changer et de lui construire sa maison.
Toutes les démarches furent rondement menées et la demeure fut acquise pour un prix modique. A la signature de l’acte, les enfants de la dame âgée qui était décédée racontèrent que leur maman s’était endormie dans le fauteuil rouge et ne s’était jamais réveillée…la nuit du 23 au 24 mai. Julie ne puit s’empêcher de penser que c’était un cadeau d’anniversaire que cette inconnue lui avait offert. ; Elle était née un 24 mai.

Mais ce ne fut qu’un rêve de plus, à peine installés dans la maison, Jason se remit à boire et lorsqu’elle rentrait de son travail après avoir été chercher les enfants à l’école, il ronflait, saoul dans son lit et les travaux n’avançaient pas. Un jour, plus nerveuse et fatiguée que d’habitude, elle avait jugé que c’en était trop, elle avait pris ses enfants, quelques affaires et était partie louer une maison dans le village voisin. Elle le quittait, il avait cassé sa vie, ses rêves, il était grand temps qu’elle pense à elle-même et à ses petits qui grandissaient et acceptaient de plus en plus difficilement de voir leur père boire et leur mère courir.

Il avait été infect lors de leur séparation, l’accusant d’être partie alors qu’il voulait changer et elle lui avait interdit de remettre les pieds chez elle. Ses enfants ne désiraient plus le voir et lui s’était enfoncé encore un peu plus dans l’alcool, tout seul dans la maison de Julie, refusant d’ailleurs de la laisser revenir chez elle et de partir lui habiter ailleurs. Mais elle avait tenu bon, avait construit sa vie et n’avait plus entendu parler de lui pendant un an.

Les enfants étaient partis pour un camp d’équitation. Il faisait donc calme et elle se sentait détendue. Il avait bien choisi son moment pour venir, elle savait simplement que si elle avait renoncé à l'aider, ce n'était que parce qu'il n'y avait plus de solutions pour sauver leur relation et son cœur de mère, elle le savait, avait fait le bon choix. Mais à présent qu'il était assis calmement près d’elle, comme si ils ne s’étaient jamais quittés, elle sentait aussi que l'amour qu'elle lui portait n'avait pas vraiment fondu avec le temps, elle sentait le danger , ce petit frisson qui lui parcourait l'échine en était une preuve.

« As-tu mangé ? »

« Non, depuis trois jours, je n’ai rien avalé »lui répondit Jason en soupirant.

Elle se mit en quête de trouver quelque chose à préparer dans son frigo et s’entendit lui répondre :

« Tu peut manger ici si tu veut mais après tu partiras »

« Tu ne vas quand même pas me jeter à la porte, tu sais que je t’aime toujours, je voudrais rester près de toi ce soir et je partirai demain »

Il était calme, avait l’air si fatigué qu’elle ne savait que dire. Elle n’avait pas envie qu’il parte mais se savait faible, trop faible devant lui. Et après tout, il était encore son mari, elle était contente de le voir la et se sentait seule sans les enfants.

« Bon, ça va, tu peut rester mais demain il faudra que tu partes, je ne veut plus vivre avec toi, tu le sais et je ne veut pas que les enfants te trouvent ici à leur retour »

Il ne répondit rien et se mit à table comme elle l’en priait pour déguster le gratin de poisson qu’elle lui avait préparé et qu’il affectionnait tout particulièrement.

Le repas se passa en devisant de tout et de rien.Elle lui racontait sa vie, les études d’infirmière qu’elle avait entrepris, Jason lui parlait de la sienne, bien vide affirmait- il.

Elle connaissait sa manière de se faire passer pour un malheureux, l'apitoyant pour obtenir ce qu'il avait envie et souriait en le regardant car il n'avait pas changé d'un iota.

Il la regardait aussi ronronnait comme un chat qui aurait lapé tout le lait qu'on lui offrait et qui attendrait que la souris qui lui servirait de dessert vienne sous son nez. Et précisément, Julie se sentait souris…

Ils s’assirent dans le fauteuil pour boire le café et il posa la main sur son épaule. Elle le laissa faire. Il commença tout doucement à l’embrasser dans le cou et elle ne le repoussa pas, c’était si doux de sentir le désir monter au creux de son ventre, c’était si bon de le retrouver comme au début de leur mariage.

Il s’aventura plus loin encore, elle le laissa faire. Il savait s'y prendre le bougre, il connaissait si bien la manière de réagir de Julie, il pianotait son concert d'une main de maître et n'avait pas besoin de regarder sa partition pour sentir que sa partenaire arrivait à sentir la note suivante avant qu'elle ne soit écrite. Elle ne désira plus rien d’autre que de tout oublier du présent, de le laisser lui faire l’amour et de retrouver la jouissance physique qu’elle avait oubliée depuis si longtemps.

Ils passèrent une nuit merveilleuse ; tendre et violente à la fois et Julie se réveilla fatiguée mais heureuse au petit matin.

Elle bondit hors du lit, s’affaira à préparer le café et rassembla ses esprits .Il fallait qu’il parte, il fallait qu’elle se reprenne, il fallait du courage pour lui dire de s’en aller. Elle alla le réveiller, lui expliqua son point de vue, il commença par se fâcher disant ne pas la comprendre mais finit par prendre ses affaires et il partit en claquant la porte ne comprenant pas son attitude mais résigné devant sa détermination.

Ses enfants revinrent le soir même et Julie rangea dans sa mémoire cette escapade amoureuse avec son mari.

La vie continua son petit bonhomme de chemin. Nous arrivâmes en septembre et elle se réveilla un matin avec des douleurs aigues dans le ventre. Elle se rendit à la clinique et alla voir le gastro entérologue qui l’avait soignée pour un ulcère l’année auparavent. Celui ci ne trouva rien, fit une échographie et lui conseilla d'aller voir un gynécologue. Elle prit rendez vous pour la semaine suivante mais comme les douleurs s'étaient évanouies, elle différa sa visite d’une quinzaine.

Quelle ne fut pas sa surprise lorsque le docteur Trop lui déclara, après un examen minutieux :

« Je vois que vous êtes en pleine santé, vous êtes enceinte. Mais vu votre age, j’aimerais que vous fassiez une ponction amniotique. J’estime votre grossesse à trois mois et nous pouvons faire cet examen à partir de 16 semaines. Il faut environ quatre semaines pour avoir les résultats .désirez vous prendre rendez vous ? »

Elle accepta la date proposée, elle sortit en titubant, elle ne savait plus très bien ou elle en était.

Elle n'avait pas d'homme dans sa vie, elle ne devait pas beaucoup réfléchir pour savoir que de nombreux problèmes allaient se poser, que sa famille et tout le monde allait la traiter de folle, se demander comment elle, Julie, avec déjà trois enfants n'avait pas pensé aux suites de sa nuit d'amour. Elle entendait déjà les critiques, les questions… Et pourtant ce petit être qui l'habitait toute entière était un enfant d'amour, ils pourraient tous raconter ce qu'ils voulaient, elle mit sa main sur son ventre, comme pour le protéger flèches acérées qui sortiraient de la bouche de ceux qui ne la comprendraient pas.

Elle laissa faire la ponction à la date indiquée et attendit patiemment les quatre semaines pour téléphoner au docteur Tromp.

Il la convoqua pour le soir même et c’est en tremblant qu’elle se rende à la clinique.
Le docteur la fit entrer :

« Madame, je n’ai pas de bonnes nouvelles, l’enfant que vous portez est trisomique. Le résultat est formel. Il a un chromosome en surnombre. C’est un garçon. Vous avez la possibilité de rentrer à l’hôpital pour un avortement si vous le désirez, on vous place une perfusion avec un produit qui provoque des contractions et vous accoucherez prématurément d’un enfant qui n’est pas viable car insuffisamment développé. La mutuelle prend tout en charge et le soir, vous pouvez rentrer chez vous »

Julie sentait les larmes qui lui montaient aux yeux. Ce n’était pas possible, c’était son enfant d’amour, elle ne pouvait pas faire une chose pareille.

« Puis je réfléchir et vous téléphoner dans deux jours ?

« Bien sur, mais ne traînez pas trop, car si il faut le faire partir, il est important d’agir vite. »

Julie se précipita dehors ce cabinet et ce médecin lui faisait horreur. Comment pouvait il de sang froid, sans la moindre émotion, lui proposer d'achever de faire battre un cœur aussi simplement que s'il s'agissait de couper la branche malade d'un arbre. Comment osait il anéantir le fruit de son amour en lui proposant un assassinat. Elle se rappelait de ces petits prématurés de 26 semaines ,600 grammes, vivants mais pas "viables "que l'on avait laissé mourir dans des nurserys froides avec pour tout cercueil un bassin réniforme et pour tout linceul une alèze blanche. Elle les entendait parfois gémir pendant quelques heures, suivant leur résistance physique, et lorsqu'ils ne respiraient plus, elle devait les porter au four de la morgue de l'hôpital. Car tant qu'ils ne devaient pas êtres déclarés à la commune, il n'y avait pas d'enterrement.

Et ce docteur lui proposait de faire subir le même sort à "son" enfant, son garçon, tout ça parce qu'il aurait ce petit quelque chose en plus que les autres et que cette différence serait gênante. Pour qui ? Pas pour elle. Elle avait accepté sa grossesse quatre semaines auparavant, elle n'avait aucune raison de changer d'avis.

Elle reprit le chemin de la maison, réunit ses enfants autour de la table et leur annonça en pleurant ce qui arrivait. Elle ne puit s’empêcher de leur demander si ils accepteraient encore

un petit frère de plus qui ne serait pas tout à fait comme les autres. Ils demandèrent des explications sur ce chromosome, voulurent savoir qui était le papa et elle raconta toute l’histoire. Ils réagirent de façon super positive, l’assurèrent de la bienvenue de ce petit frère annoncé et c’est avec un sentiment de bonheur qu’elle compris que de toute manière, cet avortement avait été écarté de sa pensée dès le premier instant mais qu’elle pouvait en plus se réjouir du fait que sa petite famille pensait comme elle.

Elle mit ses enfants au lit et commença à écrire une lettre à son mari, lui expliquant la situation mais sachant d’ores et déjà que cela ne changerait rien à leur relation actuelle. Elle le mettait simplement au courant d’un fait.

Elle prit un autre papier et laissa sa plume courir avec ses pensées sur la page blanche :

J’aimerais que mon fils soit fier de dire :

« Je suis venu au monde parce que mes parents se sont aimés

Je suis venu au monde parce que la vie est imparfaite

Je suis venu au monde parce que ma mère avait tout à donner

Je suis venu au monde parce que l’amour est plus fort que tout »

Et j’entendrais sa mère lui répondre :

« Pour un moment d’amour et de tendresse

M’étaient promises des années de tristesse

D’avoir eu à choisir entre la vie et la mort

J’ai voulu être sauvée de mon chagrin

Deux clefs me furent offertes

Celle de l’enfer, celle du paradis

Le seul obstacle est que je ne savais

Si le paradis existait encore pour moi

Il semblait que je me trompasse

Et que mon cœur dû l’emporter sur la raison

Après tout n’avais je pas toujours vécu

Me laissant mener par mes sentiments

Alors que depuis la première heure

Mon choix me guidait vers la vie et l’amour

Il était pourtant réel que le doute en moi subsiste

Ne m’apportant que souffrance et confusion

Après bien des hésitations, des océans de larmes

Je ne pouvais être coupable d’assassinat

Et j’ai opté d’attendre pour te serrer contre moi

Faisant fi des catastrophes qui m’étaient gentiment prédites

A présent que j’ai trouvé la paix

Je sais que je n’ai jamais cessé de t’aimer

Et que mon bonheur viendra aussi de toi

Le reste du monde n’a qua bien se tenir

Nous serons au moins deux pour les faire réfléchir…

Elle laissa couler ses larmes, tomber sa plume et monta se coucher, éreintée par les émotions.

Les jours suivants, elle continua de vivre dans un rêve, comme détachée de son quotidien, relisant ce texte qu’elle avait écrit et y trouvant chaque fois le courage de continuer.

La semaine avant la date prévue de son accouchement, Julie imprima cette lettre en plusieurs exemplaires et demanda à sa fille de s’en servir comme faire part.

Il ne resterait plus, lorsqu’on saurait le jour de la naissance d’ajouter la date et de l’envoyer à tous ceux qu’elle voulait prévenir.

Et lorsque le grand jour arriva, sa fille termina le texte par ces mots :

Jimmy est né le 28/3/1998

C’est un petit trisomique

Nous savons d’ores et déjà qu’il ne fera pas de hautes études universitaires mais cela n’est pas nécessaire

Pour qu’il soit le roi de nos cœurs…

mercredi 10 mai 2006

les trois épis

Jeanne se retourna et regarda derrière elle. Rien, personne ne la suivait.... Elle avait entendu des pas, soupçonné une ombre. Elle avança plus vite, serrant son sac contre elle et se précipita dans l'entrée de la maison, au flanc de la montagne. Elle mit en tremblant la clef dans la serrure et glissa promptement à l'intérieur refermant immédiatement sa porte, soulagée de retrouver l'odeur du feu de bois presque éteint dans la cheminée.
Elle laissa glisser son manteau à ses pieds et regarda autour d'elle. Les objets familiers l'entouraient. Son angoisse s'apaisa et elle se dirigea vers sa cuisine et se servit un grand verre d'eau fraîche.
Elle saisit une bûche dans le panier près de la cheminée et attisa les cendres. Le bois commença à craquer et elle allait bientôt voir les flammes danser joyeusement.
Elle s'assit à même le sol et se mit à pleurer doucement .Elle se sentait si seule, si désemparée depuis que Marie l'avait quittée. Sept mois déjà...
Elle était née à Bruxelles et elle avait vécu toute son enfance en ville, dans un petit appartement avec ses parents qui se disputaient sans cesse. Elle avait toujours rêvé de partir et ses études terminées, elle avait embrassé sa mère qui la regardait tristement, avait salué cet étranger qui était son père et les avait quitté sur le quai de la gare avec pour tout bagage son diplôme d'infirmière et son sac à dos .Elle se rendait en France, allait s'établir quelque part ou l'on aurait besoin d'elle. Elle n'avait pas de grands moyens mais la tête sur les épaules et envie de liberté .Elle avait pris un train jusqu'à Paris et de la, un autre vers Nancy. Une troisième correspondance l'emmena à Colmar et il ne lui fut pas difficile de trouver dans cette gare un bus qui l'emmena vers « Les trois épis » et le col de la Schlucht .Son voyage l'avait épuisée et elle entra dans une petite auberge fleurie qui se trouvait sur la place. Le patron l'accueillit avec un sourire et elle sentit la sympathie de cet homme l'envahir comme une douche bienfaisante. Il devina sans doute sa fatigue, lui montra une petite chambre ravissante de laquelle elle apercevait la montagne et lui indiqua l'heure du dîner. Elle ouvrit tout grand sa fenêtre, respira l'air frais et vivifiant qui entra dans la pièce et entreprit un brin de toilette.
Elle descendit et se rendit dans la petite salle à manger. Elle choisit une table vide dans un coin de la pièce et sourit à une dame âgée attablée un peu plus loin.
-« Bonjour mademoiselle », lui lança t'elle d'une petite voix douce
Jeanne répondit tout aussi doucement :
-« Bonjour madame »
-« je vois que vous venez d'arriver, vous allez être très bien ici, c'est ma demeure, je suis partie de chez moi après le décès de mon mari, car je ne pouvais plus rester seule et cela fait trois ans que Marcel et sa femme m'entourent de leurs soins comme si ils étaient mes propres enfants. Je m'appelle Marie, et vous ? »
-« Je m'appelle Jeanne »
-« Et bien Jeanne, vous êtes bien fraîche et bien jolie. Vous avez un accent étranger, venez vous de loin ? »
-« Je suis née en Belgique et j'ai fait ce long voyage car je voulais m'établir par ici. Je suis infirmière et j'ai vu une émission à la télévision ou le présentateur racontait que les petits hameaux en montagne se mouraient .Les jeunes partent vers la ville pour trouver du travail et de plus en plus de personnes du troisième age restent seules .Lorsque les conditions climatiques ne permettent pas aux camionnettes de livraison de porter les victuailles il arrive qu'elles soient complètement coupées du monde. D'après l'enquête effectuée par les pouvoirs publics, il faudrait arriver à faire revivre certains hameaux pour assurer la survie de ces quelques personnes qui meurent quelquefois faute de soins ou d'encadrement.
Marcel qui était entré dans la salle s'écria avec un accent chantant:
-« Enfin, Marie, voila ce qu'il nous fallait, cette petiote qui vient de si loin a tout compris... »
Marie sourit et acquiesça de la tête.
Marcel annonça que les plats allaient être servis et Jeanne invita Marie à s'asseoir à sa table.
Elles devisèrent de tout et de rien pendant le repas qui était excellent et au moment ou Jeanne allait se lever, Marie la regarda et lui dit :
-« Je vous souhaite une très bonne nuit et j'aimerais vous inviter à déjeuner avec moi demain, j'ai une petite idée qui devrait vous plaire »
Jeanne sentait que ce n'était pas des paroles en l'air. Le hasard qui l'avait fait rencontrer Marie n'était sans doute pas fortuit. Elle monta dans sa chambre le cœur léger et s'endormit d'un sommeil profond.
Le jour la réveilla et elle se précipita vers sa fenêtre. Le paysage qui s'offrait à sa vue était idyllique : une brume couvrait toute la vallée, les cimes des arbres semblaient flotter dans l'air ouaté et au loin, on apercevait un soleil blanc qui ne tarderait pas à déchirer ce cocon de ses rayons bienfaisants.
Elle s'habilla en hâte et descendit dans la salle à manger ou Marie l'attendait déjà.
-« Bonjour, vous avez bien dormi ? Moi je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit et je vais tout de suite vous dire la raison de mon insomnie : lorsque vous m'avez raconté ce que vous veniez faire ici, la solution m'est apparue immédiatement. Vous êtes la personne que j'attendais depuis trois ans. Je voudrais rentrer chez moi, je voudrais que vous m'accompagniez et je vous logerai. Nous pourrez vous servir de la voiture de mon mari qui est dans le garage .Je ne vous demande rien d'autre que de me soigner,je ne suis pas malade mais l'âge et le chagrin ont laissé quelques traces qui m'empêchent quelquefois de me sentir bien. Si vous acceptez de vivre chez moi, je sais que je pourrai compter sur vous en cas de besoin. Je pourrais même vous accompagner chez d'autres personnes qui vivent dans la montagne pour vous présenter et de cette manière, vous réaliserez votre désir et vous permettrez à plus d'un de réaliser le sien : terminer sa vie dans sa maison.... »
Jeanne ne savait pas que dire, elle sentait la détermination de Marie et avait les larmes qui lui montaient aux yeux. Tout lui semblait si facile...
Elle planta un gros baiser sonore sur la joue ridée et Marie l'entoura de ses bras. C'était un pur moment de bonheur et lorsque Marcel entra avec le café fumant, il les trouva enlacées.
-« je vois que Marie vous a parlé de son projet et que vous avez l'air de vous entendre. J'en suis ravi, je vais de ce pas prévenir mon épouse et je vous emmènerai dès cet après midi a la maison »
Tout était dit, il n'y avait plus rien à ajouter. Les heures qui suivirent servirent à empaqueter les affaires de Marie et le tout fut chargé dans la camionnette qui attendait devant la porte.
Lorsqu'ils embarquèrent, Marie semblait avoir dix ans de moins et les petites routes en lacets qui montaient au flanc de la montagne laissaient voir ça et la quelques petites demeures tranquilles en vielles pierres irrégulières et grises .Des chèvres paissaient tout à côté, libres et fières sur leurs sabots et levaient la tête à leur passage, comme pour les saluer. Près d'une petite étendue d'eau, un berger faisait boire ses moutons. Le tout formait un tableau digne d'un grand maître.
Ils arrivèrent bientôt devant un écrin de verdure sauvage au milieu duquel se trouvait une vielle bâtisse .On aurait dit une demeure de contes de fée. Les fleurs et la mousse avaient envahi le chemin cahoteux, une petite source descendait à côté de la maison. La voiture s'arrêta et Marie sortit en cherchant ses clefs. Il faisait frais à l'intérieur et les ogives du plafond bas étaient ornées de bouquets de fleurs séchées. La cuisine était en pierre, avec un vieux four à pain et le tout rendait une impression de propreté, comme si la maison avait toujours été occupée. Sur la vieille table se trouvait une de ces vieilles soupières en porcelaine et dans une vitrine, des photos de mariage et d'enfants jaunies étaient soigneusement rangées.
Marie surprit le regard de Jeanne et lui sourit :
-« j'étais bien jeune, ma petite, j'avais dix huit ans et mon mari vingt, nous avions tous deux été élevé à la ville et nous avions décidé de venir vivre en montagne et d'y monter une bergerie. J'ai eu beaucoup de travail et Armand, partait de longues périodes pour la transhumance mais chaque fois qu'il revenait, c'était une fête. J'ai eu deux garçons ; ils nous ont quittés pour faire des études et se marier. Ils ne voulaient pas vivre de la même manière que nous, ils voulaient devenir riches et importants. L'un est devenu ingénieur et s'est établi au Brésil, je n'ai plus eu de ses nouvelles depuis son départ, il y a trente ans de cela, je ne sais même pas si il vit encore. Mon autre fils voulait devenir pilote et il s'est tué en s'écrasant contre une montagne avec un petit avion de tourisme alors qu'il devait se marier le lendemain. C'est à la suite de cela que mon mari est devenu malade. Il s'est senti responsable de sa mort car c'était lui qui avait téléphoné à mon fils pour commander ce baptême de l'air. J'ai du vendre les moutons et nous avons pu garder cette maison mais rien n'a plus jamais été pareil. Lorsque je vous ai vue, à l'auberge, j'ai compris que vous m'aviez été envoyée comme un cadeau du ciel et que je pouvais laisser enfin mon passé derrière moi. Vous serez la fille que je n'ai jamais eu «
Sa voix s'éteignait, vaincue par les souvenirs qu'elle avait ravivés par cette explication et Jeanne comprenait à présent mieux les raisons de sa proposition.
Marcel les quitta en proposant de passer les voir la semaine suivante et elles s'installèrent en devisant de ce qu'elles allaient faire les jours qui suivaient.
Les mois qui passèrent ensuite furent une aventure passionnante pour Jeanne. Elle appris à connaître toutes les personnes des environs grâce à Marie. Elle mit en place un service de soins à domicile et se sentait heureuse comme elle ne l'avait jamais été. Ses journées bien remplies à aider les autres la comblaient. Elle avait donné un sens à sa vie et lorsqu'elle rentrait le soir, Marie avait préparé le repas lorsqu'elle ne l'accompagnait pas dans ses tournées. Elles se racontaient leurs journées, allumaient un bon feu de bois et le temps passait si vite qu'aucune des deux ne se rendit compte que les années s'envolaient.
Mais un soir, Jeanne trouva Marie alitée et elle sentit que c'était grave. Sa bouche était tordue, son côté droit semblait paralysé. Elle raconta péniblement qu'elle avait voulu se lever de son fauteuil et qu'elle était tombée. Jeanne pensa qu'elle avait eu une thrombose et appela le docteur qui habitait à quarante kilomètres de la. Marie s'y opposa, décrétant que ce n'était rien mais Jeanne tint bon. Lorsque l'homme de science arriva dans la maison, il confirma son diagnostic et préconisa du repos tout en faisant une injection pour éviter un nouvel accident vasculaire.
Jeanne était inquiète, demanda si elle ne devait pas la conduire à l'hôpital mais Marie refusa tout net.
Jeanne la veilla toute la nuit et ne voulut pas aller faire sa tournée ce jour la mais Marie la força à partir, expliquant qu'elle avait tout ce qu'il lui fallait et qu'elle allait se reposer. Le cœur lourd, Jeanne s'en alla et se promit de faire vite car une sourde angoisse lui serrait le ventre. Elle revint donc plus tôt que d'habitude. Elle monta quatre à quatre les escaliers et trouva Marie morte, comme endormie avec un sourire dans son lit. Elle éclata en sanglots, criant son désespoir, s'en voulant de l'avoir laissé rendre son dernier soupir seule...
Les jours suivants, son travail lui parut lourd mais elle était contente d'être fatiguée car lorsqu'elle rentrait, la maison était si vide...Marie avait été comme une grand-mère bienveillante et son absence était bien dure à supporter. Elle avait aussi quelques problèmes administratifs à régler, le fils qui habitait au Brésil avait été contacté et avait décidé de vendre la maison. Elle ne pouvait pas l'acheter, elle ne savait donc pas ce qu'elle allait devenir.
Un coup frappé à la porte interrompit le fil de ses souvenirs. Elle se leva, passa un peu d'eau froide sur son visage et alla ouvrir la porte.
Devant elle se trouvait un homme d'une cinquantaine d'années, à l'allure sportive et aux traits burinés.
-« bonjour, vous êtes Jeanne, je crois ? »
Elle s'entendit répondre oui d'une petite voix et il lui demanda la permission d'entrer. Elle s'effaça pour lui laisser le passage et il se dirigea tout droit vers le salon. Il regarda autour de lui d'un air attendri et se laissa tomber dans le fauteuil. Jeanne le regardait étonnée par son attitude mais elle ne dit mot.
Il reprit la parole et poursuivit :
-« voila, je m'appelle Jacques et je suis le fils de Marie. Cela fait quelques jours que je suis revenu du Brésil et je voudrais repartir dans une semaine. Je loge à l'auberge aux trois épis et Marcel, le patron m'a parlé de vous, de ce que vous faites ici et de la façon dont vous avez rendu ma mère heureuse. Je ne peux que vous remercier et je vous ai suivie ces derniers jours. J'aurais mauvaise conscience à vendre cette maison et je sais que même si ma mère et moi étions en froid, elle ne me pardonnerais pas de vous faire du mal .Moi, j'ai quitté la région car je n'y voyais pas d'avenir mais le votre est ici et je vais mettre tout en oeuvre pour que vous puissiez rester.
La ou je retourne, je n'ai pas besoin de ce qui se trouve ici et les souvenirs que j'ai de mon enfance me suffisent largement pour mon avenir. J'ai aimé beaucoup mes parents, j'ai eu du respect pour ce qu'ils ont fait mais je n'aurais jamais pu vivre comme eux. Vous avez insufflé de la vie dans cette demeure, je sais que vous avez du chagrin de la perte de ma mère mais si vous acceptez de rester, je sais que vous serez heureuse et que le chagrin s'effacera peu à peu. Vous avez une chose que je ne possède pas, le bonheur, j'ai voulu partir, vivre mieux, être riche et j'ai couru toute ma vie derrière des chimères. C'est la raison pour laquelle je n'ai jamais donné de mes nouvelles, je croyais que ma mère ne supporterait pas mon échec. Je regrette à présent de ne pas être revenu pour elle mais elle vous a eu et c'est mieux ainsi. Vous ne lui avez donné plus de bonheur que je n'aurais jamais pu le faire. Ma vie est ailleurs, la votre est ici »
Jeanne restait muette. C'était donc lui qui l'avait suivie ; elle se sentait à la fois soulagée et confuse, elle ne savait trop que dire mais s'entendit répondre :
-« Je suis heureuse de faire votre connaissance et je vous remercie du fond du cœur pour votre proposition. Je ne peut que l'accepter car il est vrai que je n'aurais su comment continuer mon travail si j'avais du quitter ces lieux. Lorsque je rentre le soir, je retrouve l'esprit de votre mère et même si je pleure quelquefois, cela me donne du courage pour le jour suivant. Vous aviez une maman formidable et je peux vous assurer qu'elle ne vous en a jamais voulu d'être parti. Le hasard qui nous a fait nous rencontrer a changé deux destinées et nous avons été heureuse elle et moi. Mais vous me dites que vous n'êtes pas satisfait de votre vie, êtes vous sur que vous devez retourner au Brésil et que vous ne voulez pas rester ici et que je m'en aille ? »
-« c'est pour moi une évidence,si j'ai gâché certaines choses de ma vie,c'est parce que j'ai eu trop facile .J'ai connu une vie de privations avec mes parents et lorsque j'ai eu tout ce que je désirais,je me suis laissé emporter par mon inconscience et ma légèreté .J'ai eu des dettes,j'ai fait des bêtises mais j'ai changé et je m'occupe à présent de construire des maisons à loyer modéré pour que les pauvres des favelas aient une vie convenable. Je tiens à réaliser mes projets et c'est pour cette raison que j'y retourne »
Jeanne lui sourit et s'exclama :
-« Je vous comprends et je crois pouvoir vous dire que votre mère aurait été fière de vous. »
Il se leva, la regarda une dernière fois, parcourut encore des yeux tout ce qui les entourait et se dirigea vers la porte.
Elle le suivit, le regarda partir pensivement en lui faisant un signe de la main.
Elle rentra, ferma la porte derrière elle et sourit à la photo de Marie. Elle saisit le téléphone et composa le numéro de ses parents...

dimanche 16 avr. 2006

Naissance de Vienna

Comme je l'ai annoncé sur mes autres blogs,j'ai le plaisir de vous annoncer la venue de Vienna,petit poney parmi nous.
Pour voir sa photo et l'histoire de ses parents,je vous donnr rendez vous sur:
http://lairdutemps.canalblog.com
A bientot...

dimanche 22 janv. 2006

Espoir

Sur la pierre qui s'est trouvée sur mon chemin
Mon pied a trébuché et je me suis servie de mes mains
D'être bipède je suis devenu femme quadripède
Et levant les yeux vers le ciel j'y ai vu Andromède
Devant ce tourbillon d'étoiles ma tête a tourné
Et mes idées se sont figées
Comment faire pour retrouver mon équilibre
Comment faire pour me sentir libre
J'avais envie de prier
Mes les mots restèrent eu fond de mon gosier
J'avais envie de t'appeler
Mais tu ne m'as pas écouté
J'avais envie de ne plus bouger
Mais j'avais du travail à satiété
J'avais envie de retrouver l'amour
Mais cela vaudrait il le détour
J'avais envie de respirer le parfum d'une fleur
Mais il me fallait pour cela vaincre ma peur
Je restais donc sans remue
Attendant mon destin pour l'éternité
Mais à ce moment une flamme a brillé
Tenue à bout de bras par ma destinée
Tu m'es apparu
Avec ta main tendue
Et je me suis sentie enfin délivrée
De mes pensées emprisonnées
J'ai jeté aux orties toutes mes douleurs
Et toutes mes peurs
J'ai osé regarder l'avenir
Car avec toi je voulais le construire
Je me suis relevée
M'appuyant sur tes idées
J'ai recommencé à marcher
Comme un saoulard éméché
Mais tu as assuré mes pas
Car te trouvais toujours près de moi
Si ce n'était en réalité
C'était certes en mes pensées
Je te dois les plus beaux moments de ma vie
Et la découverte de l'envie
Je te rejoindrai toujours
Ou que tu sois car tu es l'Amour
Troosters Nadine

mercredi 07 déc. 2005

le véritable Amour...

Le véritable Amour n'est pas celui que l'on étale...
Le véritable Amour est semblable au métal
Chaud,brulant,il se donne
S'étend,se contorsionne
Froid,il est solide,dur
Comme de l'or pur
Scellé dans un coeur
Il apporte le bonheur
Muet devant la beauté
Il en fait son éternité
Point de comparaison ne lui est nécéssaire
Pour éviter l'éphémère
Car en toutes circonstances
Le véritable Amour se plait dans ses nuances
Alliant tons pastels
Mélangeant l'arc en ciel
Explosant en éruption volcanique
Il ne reste jamais platonique
Et de par cette multitude de facettes
N'a aucunement besoin de galipettes
Pour prouver à tout être qui se respecte
Que de l'unique il a fait sa quête...

lundi 28 nov. 2005

Désespérance....

De mon demain je ne veux rien
Sinon que l'oubli et les miens
De mon demain je n'attends rien
Car les épines ont parsemés mon chemin
Il y avait tant d'espoir en moi
Que je pensais avoir fait les bon choix
Mais tout ce que j'ai vécu m'a aveuglé
Et je n'ai même plus envie de parler
De ceux qui m'ont cassée
M'ont brisée
Il ne demeure que des cases vides
Rangées au fond d'une mémoire sous vide
Si vous déchirez l'emballage
Je me retrouve sans âge
Quémandant comme une enfant perdue
Un sourire, une main tendue
La tendresse, les caresses, l'amour tous réunis
Ne peuvent me sortir de mon gris
Car il est devenu ma couleur
Mélangeant le blanc de ma recherche de bonheur
Au noir de ma souffrance profondément enfouie
Et à présent lorsque le ciel je prie
Je ne trouve que des nuages au dessus de ma tête
Annoncent une prochaine tempête
Vous qui passez sans me voir
Otez vos oeillères et rangez vos mouchoirs
Je ne veux pas partager mon désespoir
C'est la seule chose que je possède ce soir
Et si d'aventure l'espoir partagerait à nouveau mes jours
Je suis certaine que ce ne sera pas pour toujours
Car des plaies qui me sont restées
La cicatrice durera plus longtemps que des années
Je n'aime pas votre monde
Il est immonde
Je n'aime pas vos sentiments
Ils ne sont que moments
Je n'aime pas vos sourires
Ils ne sont la que pour le pire
Je n'aime pas votre façon d'aimer
Elle n'est qu'a moitié
Je n'aime pas vos miroirs sans tain
Ils ne reflètent que des riens
Je n'aime pas votre pitié
Car ce n'est pas de l'amitié
J'aurais aimé de la passion
De la déraison
Du courage dans vos opinions
De l'humanité dans vos relations
Des yeux qui rient, des yeux qui pleurent
Une barque sous le poids du bonheur qui chavire
Un sourire éclatant sur vos lèvres
Offert comme le jour qui se lève
De la tendresse dans votre regard
Et un petit peu plus d'égard....

mercredi 16 nov. 2005

si tu as envie de booster ton blog,suis le lien...

http://www.boosterblog.com/index.phtml[url=]


Couleurs de Novembre

Novembre nous arrivons
Avec son apparence grise et ses frissons de brume
Mais telle la pudeur efface sa nudité
Derrière quelques voiles flottant au vent
Les silences et les couleurs d'automne
Laissent apparaître des merveilles sous tons pastel ;
Certaine aurore a la couleur de l'espoir
Par ses dentelles blanches étalées sur le sol
Ses squelettes d'arbres décharnés couverts de perle de lumière
Ses gouttes de givre dessinant des étoiles
Aux toiles d'araignées étendues sous nos fenêtres
D'un coup de baguette magique apparaît féerique
Un demi disque rouge derrière les clochers
Dévoilant le ciel si bas que l'on pourrait d'un geste de la main
Atteindre ses moutons indigo, mauve et rose mêlés de nacre.
Une journée courte passe sous des lumières si changeantes
Que lorsque le crépuscule arrive
C'est pour nous envelopper dans un cocon de soie ouaté
Qui nous fait rentrer près du feu dansant sa chaleur
Et attendre dans ses craquements
Les nouvelles couleurs de l'aube suivante

dimanche 28 août 2005

Est ce normal???

Si vous avez envie de savoir pourquoi je suis révoltée aujourd'hui,allez voir sur:
http://passionnata.over-blog.com
Merci

mardi 26 juil. 2005

une belle histoire

Kasper


La première fois que je l'ai vu, il jetait des chaises du haut d'un escalier ; je ne connaissais rien de lui mais il avait attiré mon attention. Il était grand, mince, flanqué d'une abondante tignasse rousse et il riait en balançant ses chaises.
Ma fille était hospitalisée dans un institut psychiatrique parce qu'elle avait plusieurs problèmes, usage de drogues, boulimie, anorexie, et disons que je ne m'étais plus sentie capable de l'aider et que j'avais espéré trouver de l'aide dans une institution pour jeunes enfants en difficulté. Les conséquences d'une enfance difficile avec un père alcoolique l'avaient emmenée à « décrocher » de la vie courante et après deux ans de galère, la seule solution avait été de trouver une solution temporaire qui me permettait de recharger mes batteries. ;
Ce combat était épuisant, mes autres enfants n'avaient plus que l'ombre d'une mère et cette séparation douloureuse ne m'apportait pas vraiment la paix, l'oiseau était tombé du nid et je me reprochais de ne pouvoir le ramasser. Le choix de l'institut en question avait été très difficile, considérant le fait que dans ces maisons spécialisées, il y a autant de possibilités d'échec que de réussites ; les enfants qui s'y trouvaient avaient les mêmes problèmes que ma fille, ce qui me laissait penser que ce n'était pas à cet endroit que l'on pouvait changer de milieu, ce qui est indispensable pour s'en sortir, mais il me fallait essayer quelque chose et cela me semblait à ce moment la meilleure des solutions.
Je rentrai donc la chercher et nous sortîmes toutes deux sur la terrasse. Je lui demandais d'un ton un peu agacé qui était cet olibrius qui se conduisait de façon si excentrique et elle me regarda avec un petit sourire en me répondant ;
« C'est Kasper, il est avec une fille d'ici, il a des problèmes. Tu le trouves comment ? »
Prise de court, je ne sus pas trop quoi répondre et restai dans le vague :
« Très nerveux, est ce que c'est sa principale occupation, ce concours de bris de chaises ? »
Elle se mit à rire et me dit qu'il n'était pas toujours comme ça, qu'il ne faisait pas partie de son groupe (il y en avait trois : les problèmes de comportement, les problèmes de drogues et les déprimés)
Je restais donc quelques minutes encore à deviser de tout et de rien, lui proposait une promenade et rentrai à la maison lorsque l'heure de visite fut terminée.
J'allai la chercher le week- end, elle pouvait rentrer, et je lui demandais si Kasper allait bien.
« Mais il t'intéresse ce Kasper, dis donc maman ? »
« Non, pas vraiment mais je suppose que ce doit être parce que je n'ai pas l'habitude de voir des gens qui jettent des chaise que celui-ci m'a frappée.. ; »et nous avons ri ensemble en nous remémorant la scène.
Le mercredi suivant, c'était de nouveau soir de visite et j'allai voir Jennifer avec son chien, car je pensais qu'elle serait heureuse de le voir en même temps que moi. Le jeune garçon était sur la terrasse et s'approcha du chien, lui caressa la tête et raconta qu'il avait un labrador à la maison et comme Junkie (c'est le nom du berger allemand de Jennifer) ne restait pas tranquille deux secondes, il m'expliqua comment il fallait éduquer un chien. Je le trouvais bien présomptueux pour un jeune gamin, de me donner des conseils mais ma fille trouvait agréable de deviser en sa compagnie et je les écoutais parler de leurs animaux respectifs en laissant libre cours à mes pensées. Ma fille préférée (c'est comme ça que je l'appelle, je n'ai qu'une fille et trois garçons) avait l'air assez bien, elle faisait de son mieux et la thérapie qu'elle suivait depuis deux mois l'aidait. Il ne me semblait plus qu'elle employait de la drogue,elle contrôlait son absorption de nourriture plus ou moins bien,suivant les jours mais m'en parlait sans difficultés,ce qui me laissait bon espoir.
Je travaillais la nuit dans une maison de retraite et le week- end suivant ou elle put sortir, je demandais à mon patron si je pouvais l'emmener avec moi car cela nous donnait l'occasion de passer un plus long moment ensemble et j'estimais que si je dormais la journée et que j'étais absente la nuit, nous n'aurions pas assez de temps pour nous. ;
Il était très important qu'elle se sente soutenue, aidée, le travail que je faisais était un obstacle à nos retrouvailles, donc c'était une bonne solution. Mon patron accepta d'ailleurs sans problèmes, comprenant mon désarroi et ne pouvant me donner congé.
J'allai donc la chercher le vendredi avant de me rendre à mon travail et dans la voiture, elle m'annonça qu'elle avait commencé une relation avec Kasper. Je ne pus pas dire que je sautais de joie, je la trouvais encore bien fragile pour se lancer dans une relation et après tout, je ne connaissais rien de ce garçon...à part qu'il était un artiste au lancement de chaises. Elle me raconta qu'il fumait des joints, trop de joints, qu'il avait donc arrêté l'école, que sa mère ne savait plus quoi faire avec lui et que c'était la raison pour laquelle il se retrouvait placé en psychiatrie. Ce n'était pas rassurant de savoir toute cette histoire mais lorsque je lui demandais s'il fumait encore, elle m'affirma que c'était occasionnel, et qu'il allait de mieux en mieux. Je la mis en garde contre sa propre fragilité, la supplia de ne pas faire de bêtises et elle me parla tout le week-end de ce garçon fantastique qu'il était.
Le cœur lourd d'angoisse je la reconduisis le dimanche soir, me demandant ce que l'avenir me réservait.
Le mercredi soir, jour de visite, elle n'avait pas l'air contente de me voir. ; La raison en était que son nouvel amour l'attendait et que ma venue lui volait les instants précieux qu'elle avait à passer avec lui. Me sentant intruse dans ce monde privilégié qu'est celui d'un amour naissant, je m'en fus plus tôt que prévu, la laissant à son nouveau bonheur. Le week-end suivant, elle me supplia de ne pas venir la chercher, elle voulait rentrer avec Kasper et passer cette fin de semaine en sa compagnie car il rentrait définitivement dans son foyer et elle n'allait plus le voir si souvent, elle devait encore travailler à sa guérison et la semaine serait bien longue sans la présence de son compagnon.
Le week-end qui suivait était de nouveau deux nuits de travail pour moi et je lui proposais à nouveau de m'accompagner. Elle était contente de pouvoir le faire et restait donc avec moi, me donnant un coup de main dans les tâches que j'avais à accomplir. Au milieu de la nuit, alors que je faisais mon tour de change pour les incontinents, elle me sembla tout à coup nerveuse et irritable mais je mis cela sur le compte de la fatigue et de la tristesse qu'elle avait à retourner dans l'institut le lundi.
C'était la dernière semaine avant le réveillon de nouvel an, et le mercredi elle me demanda si elle pouvait passer la fêté de fin d'année avec Kasper et son papa à Gand. Il allait habiter définitivement avec son père, sa mère, qui n'était pas sa mère d'ailleurs (celle-ci était décédée lorsqu'il avait trois ans) mais la mère d'adoption qu'il avait eue l'avait définitivement jeté à la porte et ne voulait plus de lui chez elle. J'étais un peu réticente car elle voulait sortir avec lui dans un de ces dancings ou la drogue circulait trop librement à mon goût mai j'en discutais avec le psy qui la soignait et il me dit qu'elle lui semblait stable et que je devais essayer de lui faire confiance.
Je donnais donc mon accord et il était convenu que je viendrais la chercher le vendredi pour la conduire à la gare, qu'elle irait prendre son repas avec le papa de Kasper et que les deux jeunes gens sortiraient ensuite et reviendraient dormir à Gand.
Le mercredi, inquiète et triste, je me rendit au bureau et demandai toute fois aux éducateurs de ne pas la laisser sortir le vendredi avant que je ne l'aie vue. Je ne sais pourquoi mais une espèce d'intuition me mettait mal à l'aise...
Le vendredi midi, un coup de téléphone de l'institution m'apprit la raison de mon angoisse ; Jennifer avait volé des ampoules de morphine lorsqu'elle m'avait accompagnée, les avait utilisée dans la chambre qu'elle occupait dans la psychiatrie et elle était mise à la porte de l'institut. De plus, elle s'était sauvée et ils ne savaient pas ou elle se trouvait...
Je sautais dans ma voiture, accomplit fébrilement les quarante kilomètres qui me séparaient du bureau ou se trouvaient les éducateurs et entrai comme une trombe pour demander quel était ce laisser aller qui avait permis à ma fille de partir sans que personne ne sache rien.
Ils me dirent ne pas savoir comment tout cela était arrivé, allèrent me chercher une lettre qu'elle m'avait laissée et me laissèrent exprimer ma colère et mes larmes. La lettre me disait qu'elle m'aimait, qu'elle avait peur de me voir car elle savait la déception qu'elle me causait...Je lui téléphonai sur son Gsm et ce fut Kasper qui répondit en me disant qu'elle ne voulait pas me parler. Je lui suppliai de me la passer, mais je me heurtais à une phrase simple qui était celle reprise dans sa lettre : elle a peur, je tempêtais, passant de la colère à la douceur, employant tous les arguments que je pouvais pour qu'il me la passe ou qu'il me dise ou ils étaient partis mais rien n'y fit.
Je raccrochai, pleurant toutes les larmes de mon corps, la sentant en danger et essayai de savoir si les infirmiers et éducateurs étaient au courant de leurs projets. Il me semblait avoir reconnu le son d'une gare ou d'un train durant mon coup de téléphone et je présumai qu'ils étaient partis a Gand.
Je retéléphonais à nouveau, faisant semblant de savoir exactement leurs intentions, car j'espérais qu'ils m'en diraient plus long. Ma fille se décida à prendre le téléphone et je lui dit que je l'aimais,qu'elle avait fait un grave erreur,bien sur mais que rien n'était irréparable,qu'il fallait qu'elle m'aide à la rejoindre,que je ne me fâcherais pas,que j'attendrais le lendemain pour discuter avec elle mais que je ne lui permettais pas de rester la,ce soir de fête car je ne savais pas,dans l'état de dépression et de culpabilité dans lequel elle se trouvait si elle n'allait pas commettre une bêtise et devant moi se levait le fantôme de l'overdose. Elle était en larmes, me demandait de lui pardonner, et m'indiqua l'endroit ou elle se rendait, chez le père de Kasper qui leur avait préparé à souper.
Je sautai à nouveau dans ma voiture, parcourut le chemin qui me séparait de Gand et je me perdis en cherchant la rue qu'elle m'avait indiquée, ce qui fit que j'arrivai devant la porte après deux heures et demie de route, et maints coups de téléphone. J'étais triste, épuisée, malheureuse car j'avais laissé mon fils aîné et les deux petits à la maison et il n'était pas content de voir comment s'annonçait la soirée...
Je sonnai donc, Kasper m'ouvrit la porte et je sommai Jennifer de prendre ses affaires et de descendre dans la voiture. Le papa de Kasper m'invita à boire un verre de champagne mais j'étais pressée de repartir et refusai cette invitation. Il me dit alors qu'il trouvait dommage que je parte si vite, que c'était triste pour son fils mais je ne voulus pas lui expliquer ce qui s'était passé, me contentant de lui dire que ma fille avait commis un acte grave, qui engageait quelque peu mon avenir professionnel et que cela m'était difficile à pardonner, vu le besoin que j'avais de travailler pour entretenir mes enfants.
J'étais assez froide et il me regardait en hochant la tête, me répondit simplement qu'il pouvait me comprendre. Je pris congé et m'en fut dans la voiture, en saluant Kasper et en m'excusant de faire rater sa soirée mais l'affaire était trop grave. Je l'assurais que je n'empêcherais pas Jennifer de reprendre contact avec lui lorsque tout ceci serait rentré dans l'ordre, encore une fois écrasée par les larmes. Je pris ma fille dans mes bras, lui répétant que je l'aimais mais que j'étais complètement désespérée, ne sachant quelles seraient les conséquences de son acte...
Nous roulâmes vers la maison ou nous fumes accueillis par mon fils qui était glacial et traita sa sœur de « connasse »...
Je lui demandais de se taire mais j'avais contenu ma colère trop longtemps et d'un coup, ce fut l'explosion. Je la regardais sans rien dire, priai mon fils de monter et de s'occuper des petits et pris son sac que je vidai sur la table.
J'y trouvai des pilules, une cuiller et un briquet. A la vue de ces saloperies étalées devant mes yeux, mon désespoir et ma colère me reprirent de plus belle. Je la giflai et la priai de monter dans sa chambre. Je m'en voulu d'avoir perdu mon sang froid car je lui avait promis de rester calme mais je me semblais être une autre moi-même, après toutes ces années ou j'avais subi l'alcoolisme de son père, recommencer les psychiatries et les échecs avec ma fille me paraissaient une descente en enfer...
Rongée par le remord de mon manque de contrôle,je la rejoignis quelques minutes plus tard et lui expliquai ce que j'avais sur le cœur :son geste risquait de me coûter mon travail,son attitude m'avait déçue,non parce qu'elle était retombée,cela pouvait arriver,on ne guérit pas si vite d'un esclavage,mais parce qu'elle m'avait manqué de confiance,elle m'avait menti,trompé et cela m'était plus douloureux que le reste. Je la priai de m'excuser pour mon geste d'agressivité, elle me répondit qu'elle me comprenait, qu'elle savait qu'elle m'avait fait mal et que ce geste l'avait surprise et peinée car elle ne me connaissait pas violente. Mais elle savait par ce geste aussi que mon désespoir et ma colère étaient immenses...
Elle me demanda pardon en pleurant et je ne pus lui répondre car il me semblait très dur de lui dire que je pardonnais à ce moment, la sincérité avait toujours été mon mot d'ordre et je ne pouvais mentir à un moment aussi crucial.
Je redescendit m'occuper du reste de ma famille et la laissai dans sa chambre. Plusieurs fois dans la soirée, je montai car je ne pouvais détacher mes pensées de ce qui se passait dans sa tête mais elle restait sur son lit, distante et lointaine, refusant de manger les plats que je lui apportait.
Pour les autres, je fis comme si de rien n'était, les petits reçurent leurs cadeaux et ce fut un réel soulagement lorsque vint l'heure de se coucher.
Le lendemain, elle me parut plus calme et m'expliqua qu'elle avait flanché parce qu'elle se sentait seule, parce que Kasper était loin parce que elle avait peur de ressembler à son père et bien d'autres choses encore. Je ne pus qu'essayer de lui expliquer à mon tour ce que je ressentais et lui dit qu'il fallait qu'elle vienne avec moi parler à mon patron et lui expliquer ce qui s'était passé, en espérant que celui-ci ne m'en tiendrais pas rigueur et ne me jetterais pas à la porte. Elle avait peur mais nous primes notre courage à deux mains et primes rendez vous pour aller présenter nos excuses. Celui ci m'écouta, demanda des explications sur la manière dont tout cela s'était passé et dit à ma fille qu'il me garderait car je faisais bien mon travail, que les personne âgées avaient de la considération pour moi et qu'elle devait penser à ce qui se passait lorsqu'on abusait des drogues. Il lui raconta des exemples d'amis à lui qui avaient ainsi gâché leurs vies et je pus retourner à la maison avec l'assurance que cet épisode malheureux n'aurait pas de conséquences sur mon travail.
Jennifer rentra avec moi, elle ne pouvait plus rentrer à la clinique et devait retourner à l'école après les vacances de noël. Elle reprit contact avec Kasper, lui raconta tout ce qui s'était passé et me demanda la permission de le revoir. Je n'y voyais pas d'inconvénient, il n'était pas responsable de tout ce gâchis mais posai comme condition qu'il passa le week-end suivant à la maison car je la trouvais bien fragile.
Lorsqu'il vint, je discutai avec lui de ce qui s'était passé, le priant de m'excuser de ma froideur et de mon impolitesse par rapport à son père et il m'assura qu'il me comprenait. Il repartait à l'école la semaine et il fut convenu qu'il reviendrait quand il le voudrait passer les fins de semaine à la maison.
S'ensuivit un mois calme ou tous les week-end il venait à la maison et la semaine,Jennifer me paraissait faire de son mieux pour suivre à l'école et ne plus fréquenter des personnes qui pouvaient la mettre en danger.
Je parlais beaucoup avec mes enfants, leur expliquait que ces deux la avaient besoin de notre aide, et dans cette période d'accalmie, il régnait un climat agréable à la maison.
Le destin devait à nouveau venir troubler cette quiétude relative...un soir,Kasper téléphona à Jennifer, expliquant que son papa avait été renversé par un tram alors qu'il sortait le chien et il se trouvait entre la vie et la mort à l'hôpital. Kasper était désemparé, Jennifer ne savait que faire pour l'aider car elle m'annonça qu'il ne savait pas ou aller. Je lui proposai de venir à la maison, il ne pouvait pas rester seul (il n'avait pas 18 ans, donc était encore mineur) dans l'appartement de son père, et l'assistante sociale avait parlé de le placer. Jennifer m'expliqua alors que c'était horrible s'il devait à nouveau être placé,il avait eu un parcours difficile,sa mère étant morte lorsqu'il avait trois ans,il avait été recueilli par la femme du frère de sa mère qui l'avait élevé mais qui ne supportait plus ses écarts,il avait été régulièrement placé en maison de correction et institut psychiatrique,son oncle avait quitté sa mère d'adoption, elle ne s'en occupait pas plus que ça, et dans toute cette triste histoire,il avait eu une enfance tourmentée avec un manque d'amour et d'affection.. ; Jennifer me connaissait, savait que je n'aurais jamais laissé un « chien perdu sans collier « sur la rue.
Naturellement, on était le dernier jour des vacances de crocus et j'avais travaillé la nuit.
Je promis de m'occuper de tout ceci lorsque je rentrerais à la maison le matin et le lendemain à 8 heures, je conduisis ma fille et les autres à l'école et commençait à téléphoner partout pour régler l'histoire de Kasper. Je voulais bien qu'il reste chez moi, le temps de savoir ce que son père deviendrait car le pronostic des docteurs était plus que réservé et il était toujours entre la vie et la mort ; mais il me fallait entreprendre des démarches, l'inscrire dans une école, prévenir les assistantes sociales de Gand ; etc....
La commença le parcours du combattant...jusqu'à trois heure de l'après midi,je téléphonai partout,passant de bureau en bureau,essayant d'expliquer de mon mieux la situation délicate et l'urgence de l'aide qu'il y avait à apporter pour éviter que ce jeune garçon ne se retrouve dans la rue,laissé à lui-même auquel cas la société aurait été responsable si il « tournait mal ».toutes les instances voulaient bien m'aider,me comprendre mais je devais réaliser que ce n'était pas si facile,que c'était mieux de le placer temporairement,que toutes ces démarches allaient prendre du temps...
Mais je n'en démordais pas, il fallait parer au plus pressé, obtenir un acceptation temporaire et encore sans assentiment de la justice, je pris sur moi de l'inscrire dans l'école de ma fille et lui dit que c'était la meilleure solution pour leur forcer la main, construire une vie stable qu'ils ne pourraient refuser. Tout en agissant de la sorte et en le rassurant, je cherchais à me rassurer moi-même ; qu'en adviendrait il de lui si on le retirait du cocon que j'étais entrain de lui faire pour le mettre à l'abri ?
Et lorsque le lendemain je pris contact avec l'assistante sociale, je m'empressais de lui faire part de mes arguments :
Kasper était dans une période fragile, les évènements l'avaient traumatisés, il avait envie de rester chez moi, il voulait aller à l'école et si tout ceci ne réussissait pas, il serait de nouveau confronté a un placement et toutes les suites que cela pouvait comporter pour la reconstruction de sa personnalité. J'insistai aussi sur le fait que ma fille, qui était dans le même genre de période ne pourrait supporter de le voir malheureux ou retomber dans le week-end de fumettes avec les copains et que ces deux la s'en sortaient ensemble et qu'il fallait leur laisser une possibilité de réussir. J'ai eu de la chance et eux aussi. L'assistante sociale me comprit et me promit de parler au juge des enfants .ouf, j'avais au moins réussi à la convaincre et la deuxième étape était le contact avec ce juge dont elle m'avait dit qu'il était compréhensif et très bon pour les enfants.
De fait ce juge était un homme génial qui comprit la situation et nous promit de faire les papiers pour tout mettre en ordre. Bien sur, les lenteurs administratives feraient que tout ceci ne serait pas réglé officiellement avant trois mois mais Kasper pouvait rester chez nous avec la bénédiction de l'autorité. L'organisme qui s'occupait de placer les enfants du juge en famille me contacterait et l'affaire suivrait son court. Je serais convoquée pour signer les papiers car le papa de Kasper vivrait mais ne recouvrerait jamais plus l'entièreté de ses possibilités, il ne pouvait donc plus prendre son fils chez lui.
La suite est très jolie et digne d'un conte de fées : j'ai reçu une convocation pour signer les papier officiels le 24 mai 2004.C'était le jour de mon anniversaire. Ce fut le plus beau cadeau d'anniversaire que j'ai reçu dans ma vie. Nous sommes plus d'un an plus tard et mes deux tourtereaux se portent bien. Ce fut parfois plus difficile, ils ont appris à lutter contre leurs problèmes, ils ont appris à les résoudre ensemble, ils ont de l'amour l'un pour l'autre, ils ont l'amour de mes autres enfants, et moi, je suis heureuse de les voir heureux...

dimanche 24 juil. 2005

mes nouveautés

Je me suis absentée...pour une bonne cause, j'ai travaillé mais en plus, j'ai construit mon petit univers sur le net.
Alors, si vous avez envie de m'accompagner, vous commencez le voyage par "passionnata"
Vous trouverez les articles qui m'ont émue et le moyen de trouver mes autres liens vers "l'air du temps "qui est musical avec des photos et "rêveries d'un soir "qui vous découvrira au fil du temps ma petite famille et mon univers de bonheur et tendresse.
"Rêves et révoltes "reste inchangé et sera pour mes inédits qui seront bientôt édités...

Encore un détail, et pas des moindre:mes liens préférés se trouvent répertoriés dans "l'air du temps..."Et j'envoie à tous ceux la ma tendresse et mon amitié

A Bientôt, bonne promenade..;
Nadine

vendredi 24 juin 2005

il a fallu quatre ans..

la suite de tout simplement c est quatre années je l'ai écrit sur mon espace perso et je ne le recopie pas ici mais c'est ce qui fait qu'aujourd'hui,je suis partagée entre rires et larmes.Ce fut un beau cadeau,mais ce n'est pas la fin du combat...et il nous reste encore tant d'épouvantails à brûler,tant pour lui que pour moi...Alors,ce ne sera pas la fin de l'écriture et du reste car les moments de doute font partie intégrante et resteront commes telles dans ma vie et la sienne;
Je vais cependant partir une semaine en vacances et à partir de lundi,je ne passerai plus voir personne car l'ordi ne déménage pas avec nous,déja que 3 de mes enfants doivent partir en train pour cause de trop petite voiture...
Je vous retrouverai donc tous avec plaisir le 5 juillet...
Et vais me régaler chez chacun de vous,café ou glace,selon la température extérieure...
Amitiés à tous et Amitié à ceux que j'aime particulièrement
Nadine

mercredi 22 juin 2005

tout simplement

J'ai envie de vivre J'ai envie que tu respires Je veux te sentir contre moi Abandonné comme un enfant plein d'émoi

Oublies tes souffrances
Et ton enfance
Surtout arrêtes de me dire
Qu'ils avaient raison de te détruire

Comment en es tu arrivé à croire
Que tous ceux la ne cherchaient pas la gloire
Pour soi disant l'aide à l'enfance
Allant jusqu'a engendrer la souffrance

Avaient ils le droit de lever la main sur toi
Avaient ils le droit de t'imposer leurs lois
Avaient ils le droit de faire de toi cet adolescent révolté
Avaient ils le droit de faire de toi cet adulte apeuré

Pourquoi as tu encore peur dans le noir
Pourquoi dois tu toujours te faire valoir
Pourquoi cherches tu encore tes repères
Refusant à jamais d'être père

Non surtout ne réponds,ne racontes pas
Car tu ne comprendrais pas
Les larmes de souffrance que je verserais pour toi
Tu ne sais encore rien de moi

De mes frayeurs d'enfant battue
De mon parcours plein d'innatendus
Qui a fait de moi un être si différent
Un être qui te comprends

Je veut t'aimer
Pour te prouver
Que l'Amour existe
Qu'a deux on résiste
Que la révolte est bonne
Lorsqu'elle n'est pas conne
Que la peur est morte
Lorsque tu franchis ma porte

Lèves la tête
Oublies les éducateurs ,ta mère ,ton père
Ne traines plus ton passé,regarde devant toi
Regarde à tes côtés,je suis la...

lundi 20 juin 2005

un jour comme les autres

un jour comme les autres

Il s'éveilla ce matin la avec la pénible impression d'avoir une gueule de bois. Il passa la main sur son front douloureux et essaya de se rappeler ce qui s'était passé la veille.Se retournant à demi vers la fenêtre ou pointait l'aube naissante, il s'aperçut qu'il n'était pas seul. ;
A ses côtés était allongée une fille nue, recroquevillée dans le sommeil, belle comme un ange, ses longs cheveux blonds s'étalaient sur l'oreiller, la pale lumière du soleil y jouait dessinant les vagues mouvantes d'un champ de blé. Il n'osa plus bouger de peur de la réveiller, se rappelait mieux ses errances de la soirée passée.
Il avait rompu avec celle qui empoisonnait sa vie, qui l'avait torturé de façon permanente en lui faisant porter le poids de tout ce qu'elle n'avait pas réussi alors, de désespoir, bourré de culpabilité, il était sorti dans un bar, puis dans un autre ensuite dans ce troisième ou il avait rencontré cette jeune fille qui esseulée, le regard perdu dans les cimes de ses souvenirs sans doute, pleurait dans un coin.
Tout de suite, il s'était senti attiré vers elle comme un aimant mais n'osait l'approcher, tant son chagrin l'éloignait du commun des mortels. Toute tentative d'approche lui paraîtrait une intrusion, cela semblait une évidence.
Un petit moment plus tard, voyant qu'elle restait sans bouger, il s'était rapproché d'elle et étant plutôt d'un naturel timide, il s'était assis, son verre à la main, en écoutant le juke-box déverser ses flots de musique triste. Elle faisait semblant de ne pas le voir, lui continuait de siroter le breuvage qui ne lui disait plus rien, à ce stade de la nuit le goût avait disparu et seule l'ivresse l'attirait encore ; oublier, s'oublier dans ses brumes, juste regarder le désespoir qui émanait d'elle et essayer de ne plus penser au sien.
Elle avait l'air si fragile, si différente de la mégère qui avait dominé sa vie avec ses reproches, avec ses réprimandes et ses griefs perpétuels. Elle avait l'air si douce avec son teint doré et ses yeux de velours foncés d'où s'échappaient temporairement des perles de nacre qui traçaient leur sillon le long des joues pour venir s'écraser à la commissure des montagnes rouges que dessinaient ses lèvres pleines
Il vit que son verre était vide et lui demanda d'une voix rauque, abîmée et ternie par cigarettes fumées les une après les autres :
« Vous désirez boire quelque chose ? »
A peine sortis de sa bouche, ces mots lui semblèrent vides de sens, à peine digne de tous les dragueurs qui avaient sans doute essayé de la séduire mais c'était trop tard, il avait parlé sans réfléchir...enfin, il ne se sentait plus en état de penser quoi que ce soit et rajouta, pour s'excuser vaguement :
« Je suis désolé, je ne suis pas dans mon état normal ce soir, si je suis venu m'asseoir près de vous, c'est juste parce que je n'aime pas la foule et que vous étiez à l'écart. J'ai bien vu que vous êtes malheureuse, je ne veut pas me mêler de ce qui ne me regarde pas mais je n'aime pas voir pleurer quelqu'un, c'est tout simple, je voudrais juste que vous arrêtiez de verser des larmes car je suis triste, lorsque je vous voit dans cet état, j'ai envie de pleurer avec vous... »
Il bafouillait un peu, la fatigue, le chagrin et l'alcool commençaient à faire sentir leur effets dévastateurs, c'est à ce moment qu'il craqua, comme un gosse, il mit son visage dans ses mains et sanglota doucement comme si ce flot de paroles prononcées avaient mis un point final a tout ce qu'il avait retenu au fond de lui toute cette soirée. Elle restait sans voix mais avait tourné la tête et semblait tout à coup s'apercevoir qu'elle n'était pas seule, comme si ces paroles avaient déchiré le brouillard qu'elle avait érigé comme une barrière autour d'elle.
Elle le laissa exprimer son chagrin, silencieuse devant cet homme qui pleurait, respectueuse devant une expression si bouleversante. Au bout d'un moment, doucement, elle posa sa petite main gracieuse sur son épaule. Il tressaillit, enfoncé dans sa douleur, il avait presque oublié ou il se trouvait et très las, tout d'un coup, il eut envie de se lever, de s'enfuir mais ses pieds semblaient de plomb, les pas qu'il devrait faire pour aller vers cette porte lui paraissaient des kilomètres si bien qu'il ne remua pas.
Le courant semblait palpable tant l'électricité entre ces deux pôles semblables semblaient s'attirer, défiant toute loi physique.
Après toutes ces minutes d'une extrême beauté, d'une extrême intensité, une interruption stoppa la magie du moment : un homme passablement éméché s'approcha de la table et commença à raconter des propos insensés ou se mêlaient des griefs, des plaintes sur la société qui n'était qu'une bande de pourris, les prenant à témoin de situation dont ils n'avaient rien compris. Cet homme les agacait car dans son absence de discernement, il prenait leur silence respectif comme une approbation à sa litanie de paroles sans queue ni tête.
Ils n'avaient ni l'un ni l'autre la force de répliquer mais il sentit tout à coup la pression de sa main s'affermir sur son épaule, et comme s'ils se connaissaient depuis toujours, il eut la réaction qu'elle attendait :
Il se leva a demi, se tourna vers elle et lui dit :
« Viens, il faut rentrer »
Cependant qu'il poussait légèrement l'intrus pour lui faire comprendre son but. Celui ci réagit tout à coup de façon insensée, il le rejeta sur le siège et lui lança un :
« Tu vas pas partir, je te dis de rester ici, j'ai pas fini mon histoire... »
Et il se fit tout à coup menacent.
Elle se mit à trembler et cela provoqua chez lui un réflexe de colère qui le fit se lever d'un bond et pousser cet être abrutissant sur le côté. L'autre maugréa mais sentant soudain qu'il n'aurait pas gain de cause, il se bougea pour les laisser passer.
Il se retint en chancelant à la banquette, fut pris d'un malaise sans doute et commença de s'écrouler comme un ballon de baudruche qui se dégonfle doucement.
Elle eut un réflexe de pitié, lui saisit le bras comme pour l'empêcher d'aller plus loin.
« Il faut l'étaler sur la banquette, dit -elle, il récupèrera mieux »
Sa voix douce pourtant ressemblait à un commandement, elle savait ce qu'il fallait faire, cela coulait de source. Il lui semblait tout naturel d'aider cet homme qu'elle ne connaissait pas. Sentant sa détermination, il s'exécuta prit les épaules tandis qu'elle saisissait les pieds et le tira sur cet espèce de banc ou il s'affala de tout son poids prêt à passer le reste de la nuit dans cet endroit peu propice au sommeil.
Sentiment de devoir accompli, un petit sourire éclaira son visage cerné, elle lui prit la main pour franchir les quelques pas qui les séparaient de la porte.
L'air frais les fouetta tous deux et il chancela car ce brusque apport d'oxygène à son cerveau embrumé l'incommodait. Elle le soutint et le traîna vers un banc de pierre afin qu'il récupère.
Elle s'assit à ses côtés et attendit quelques instants puis d'une voix soudain plus chancelante lui exprima le désir de partir. Il ne savait trop que faire, ne voulut pas se montrer impoli et lui proposa de la raccompagner. C'est à ce moment qu'elle commença à parler et rien ne semblait pouvoir arrêter son envie de se raconter :
« Je ne suis pas à la recherche de quoi que ce soit, je n'ai pas envie de vous, vous ne m'intéressez pas mais je ne sais ou aller. Je me suis trompée d'histoire, j'avais cru à l'amour, l'homme que j'aimais m'a prouvé que j'avais tort. Je n'ai pas vu qu'il se jouait de mes sentiments, je l'ai d'ailleurs laissé faire ; je n'ose pas rentrer car je n'ai pas envie de regarder mon échec dans les yeux. J'ai des amies, des copines chez qui j'aurais pu aller raconter mon histoire mais je n'ai pas envie non plus qu'elles m'abreuvent de leurs commentaires stupides et inutiles. J'ai besoin de silence, j'ai besoin de repos et vous m'avez impressionné par vos silences débordants d'expression ce soir. C'est la raison pour laquelle je suis sortie avec vous. A présent, je ne sais plus ce que je veut, je ne sais pas ce dont j'ai envie mais j'ai besoin de dormir, j'ai besoin de tout oublier, si vous le désirez, je vous demanderais de m'emmener avec vous, demain sera un autre jour, je crois que j'y verrai un peu plus clair. »
Comme si elle était épuisée d'avoir eu tant à dire elle ferma les yeux et eut l'air de s'évader au dessus d'elle-même, il avait d'ailleurs l'impression qu'elle n'attendait pas de réponse et cela lui sembla évident de chercher machinalement ses clefs dans une poche béante, de saisir sa main dans la sienne et de la forcer doucement à se lever. Elle n'opposa aucune résistance, docile, se mit debout, lui prit le bras .Quiconque serait passé à côté d'eux aurait cru deux amoureux jouissant d'une ballade tranquille sous un ciel sans lune mais constellé d'étoiles allumées comme lampions sur chemin de fête. En fait, ils semblaient plus unis dans leur désespoir que n'importe qui dans le plus fort de la passion. D'ailleurs cette sensation de communauté de pensées que donnent deux êtres profondément épris l'un de l'autre n'était en rien différente de celle qu'ils ressentaient dans l'unisson de leurs peines.
Point n'était besoin de mots, point n'était besoin de communiquer, les animaux blessés qu'ils étaient avaient à panser des plaies béantes et comme deux chiens lèchent leurs blessures pour se guérir , ils se serraient l'un contre l'autre semblant ainsi vouloir éviter de nouvelle morsure douloureuse.. ; Ils s'engouffrèrent dans sa voiture, il démarra toujours en silence, sentant que le moindre mot l'incommoderait, prit doucement le chemin de sa maison. C'était étrange cette envie qu'il avait de la protéger et tout aussi étrange pour elle de sentir qu'elle n'avait rien à craindre, que cet homme la ne la regardait pas comme si elle n'était qu'un morceau de chair appétissante mais au contraire comme si le fait qu'elle était une femme lui imposait le respect et l'attention .Ils entraient tous deux dans un monde qui leur avait été fermé jusqu'alors, un monde ou l'homme avait sa place et la femme la sienne, tout simplement.
Il arriva devant un jardin qui était empli de senteurs de gazon frais de rosée, et une grille bleue fermait cet Eden .Une simple poussée suffit à ouvrir la porte et elle se retrouva dans un couloir étroit, sentant bon le propre. La couleur chaude des murs, la décoration fluide et délicate la combla de chaleur. Elle continua à le suivre, il monta une volée d'escaliers pour l'emmener vers une chambre tout aussi fraîche et jolie ; Tout ici sentait la douceur, un relent de tendresse semblait flotter dans les airs. Elle s'assit sur le bord d'un lit au draps bordés de dentelles de grand-mère, entreprit de retirer un à un les vêtements qui la couvraient. Il s'était assis à ses pieds et regardait ce strip-tease à l'envers comme si c'était la chose la plus naturelle du monde, ne pensant pas un instant à lever la main pour toucher cet être de chair et de sang qui avait l'air d'une nymphe sortant d'une rivière. Lorsqu'elle ne fut plus couverte que de sa nudité nacrée, elle souleva les draps et se glissa dans ce cocon d'un mouvement gracieux et félin. Elle ferma ses yeux et il resta encore un moment sans remuer, contemplant le sommeil qui la gagnait et détendait ses traits fatigués. Il se leva doucement, sans faire de bruit , s'en fut de l'autre côté du lit, laissant également tomber ses vêtements et s'allongea auprès d'elle, sans oser un geste en sa direction, de peur de voir ce rêve s'envoler. La fatigue l'envahit, le saisit d'un sommeil profond dans lequel il sombra, gouffre noir et profond qui ne laisse aucune chance au rêve.
C'est la qu'il se retrouvait, ce matin, avec toute son émotion et ses souvenirs, croyant avoir rêvé cette soirée et cette nuit, n'osant esquisser un geste, perdu dans un labyrinthe de pensées mais sans la moindre perspective de ce qui se passerait l'instant suivant.
Il décida de se lever, plutôt de glisser hors du lit chaud et douillet car il se devait de laisser dormir son rêve et esquissa un geste vers le bord du lit. Elle entrouvrit les yeux et se rapprocha de lui, quémandant une caresse, chatte lovée dans un panier de soie, ronronnant sous la main de son maître. Il ne pouvait pas interpréter ce geste, avait tout à coup peur de mal comprendre mais son désir d'homme lui fit avancer une main hésitante vers ce bras rond, posé sur le drap et semblant attendre son mouvement. Il posa le plus doucement possible sa main qui lui semblait énorme sur ce bras gracile et avança sa bouche vers son front n'osant regarder ses lèvres roses et charnues, de peur de ne pas pouvoir les éviter et s'empêcher de les couvrir de baisers. Il se rendait compte de la puissance du désir, était pris d'une peur panique de la voir s'enfuir à cause d'un geste malheureux et restait haletant perdu comme si une fièvre violente avait envahi son cerveau et ne lui permettait plus de réfléchir. Elle gémit dans son demi-sommeil et il redescendit un instant sur terre. Comment réagir à ce cri, à cet appel, devait -il la réveiller de baisers ou au contraire l'abandonner à son cauchemar solitaire. ?
Il ne trouva rien d'autre qu'une pâle excuse sentant qu'il allait rompre le charme mais décidant du même coup que le moment n'était pas propice à des débordements physiques :
« Je vais faire une tasse de café, cela vous dit ? »
Elle se tourna vers lui, esquissa un sourire entrouvrit à peine les yeux et répondit de sa voix douce :
« Bien sur, je crois que nous en avons tous deux besoin... »
Il se leva d'un bond, fuyant cet endroit dangereux comme un soldat qui avait peur de l'assaut et s'en fut vers la cuisine pour préparer le breuvage noir et reconstituant.
Il s'affairait devant l'armoire, laissait tomber ce qu'il prenait dans les mains, se mit à rire de sa maladresse. C'est le moment qu'elle choisit pour rentrer, alla s'asseoir à la table et le regarda goguenarde et coquine. Il lui en voulut de se moquer de lui, il se sentait mi figue mi raisin, ne sachant s'il devait être content ou triste de cette situation étrange qui l'amenait à se conduire comme un adolescent maladroit.
Elle continuait à le regarder et lui demanda tout de go :
« Vous ramenez souvent des chiens perdus sans collier dans votre garçonnière ? »
Il éclata de rire, ce qui diminua la tension qui régnait et lui répondit :
« Vous me croirez si vous voulez mais non, ceci est la maison de mes parents et j'y habite momentanément, le temps de mettre un peu d'ordre dans ma vie, de retrouver un appartement convenable pour me loger. Mon histoire ressemble en ceci à ce que vous m'ayez dit hier soir, j'ai vécu une période avec une femme que j'ai adorée mais qui n'a fait que me mépriser et je n'en pouvais plus de vivre de cette façon. Lorsque je vous ai rencontré hier soir, je noyais mon désespoir dans l'alcool car j'ai toujours cru que l'amour était ma raison de vivre et je me suis trompé, j'en suis malheureux mais je ne pouvais pas continuer à me détruire, à la laisser détruire tout ce que j'avais de bon en moi. Je me suis sauvé en la quittant, c'est une décision mûrement réfléchie, dictée par la raison. Mais j'ai mal, très mal. Je vais mettre du temps à guérir car on ne guérit pas si vite d'un amour brisé je crois cependant encore que l'on peut aimer et être aimé. Je crois à l'amour pur, sans arrière pensée, sans influence matérielle ou autre, sans domination de l'un ou de l'autre mais basé sur le partage des bons et moins bons moments, basé sur la construction et non la destruction de soi et de l'autre. »
Il s'étonna d'avoir eu si facile à donner une explication logique, presque mathématique de ce qu'était une relation. Sa douleur semblait moindre car il avait réussi à lui dire en ces quelques phrases l'essentiel de ce qu'il ressentait. Il entreprit de servir le café fumant dans deux tasses orange. Elle le regardait attentivement et ne répondit rien. Elle souleva sa tasse, l'entourant de ses mains comme pour se réchauffer à son contact et but à petites gorgées.
Il la regardait, fragile, avait envie de dessiner ce qu'il voyait tellement cette image était jolie. Il ne disait plus rien, estimant que depuis la veille il vivait un songe qu'il ne voulait pas se voir terminer. Tout était si naturel, si facile avec elle.
Elle se taisait toujours mais ces traits étaient graves et tendus. Il voyait qu'elle se laissait emporter par des souvenirs qui lui semblaient douloureux et choisit ce moment pour interrompre le cours de ses pensées :
« Désirez vous vous rafraîchir, je vais vous montrer la salle de bain, lorsque vous en aurez envie, vous me direz ce que vous voulez faire, je peut vous conduire ou vous le désirez, je ne travaille pas aujourd'hui. »
Elle ne bougea pas, ne répondit rien et il se dit qu'il se conduisait de façon bizarre, qu'elle avait sans doute eut l'impression qu'il en avait eu assez de la voir, qu'elle se sentait peut être de trop ; il ajouta :
« je ne veut pas que vous partiez,ne croyez pas cela,je veut juste vous dire que vous êtes libre de partir,que vous ne devez pas vous sentir obligée de rester ici , mais votre présence me fait un bien fou , je me sens bien en votre compagnie , je vous trouve jolie mais n'ai pas envie que vous croyez que je vais vous raconter des fadaises,je ne me sens pas en état de commencer une histoire et dès lors,je ne me sens pas le droit de vous abreuver de compliments avec l'espoir que vous resterez ici et que vous m'aiderez à oublier ma peine . Je veut prendre mon temps, je veut rester sincère et j'ai toujours cru que l'on ne pouvait pas passer d'une femme à l'autre aussi facilement que l'on change de vêtements. Avec vous, je me sens bizarrement en contradiction avec ce que j'ai toujours pensé mais je ne suis pas dans mon état normal, je ne me sens pas sur de moi et je ne pourrais sans doute pas vous être d'un très grand secours lorsque vous serez vous-même au sous sol moral. Or j'estime que lorsqu'on veut construire un étage, les fondations doivent être solides ce qui ne serait pas notre cas. »
De nouveau, sa facilité à s'exprimer l'étonnait. Il n'avait jamais eu cette sensation de liberté de paroles, jamais pu dire tout haut ce qu'il pensait tout bas, il avait toujours été un petit chien suivant son maître, en l'occurrence son ex amie qui lui disait tout ce qu'il pensait, comme si elle le savait mieux que lui-même. Mais il n'avait jamais réagi, s'était toujours tu et avait estimé qu'elle avait raison. Son idée de l'amour avait été que pour faire plaisir à l'autre, il fallait le satisfaire et pour la satisfaire, il avait sans cesse oublié d'exister.
Elle sortit soudain de son mutisme et lui dit doucement :
« Est ce que vous vous rendez compte que vous êtes un homme formidable ?vous me montrez en quelques heures plus de respect que je n'en ai eu pendant les trois années passées. Moi aussi, j'ai cru que l'amour c'était d'être silencieuse, de prévenir et satisfaire les désirs de mon ami. Il s'en est suivi qu'il a oublié que j'existais et il avait raison, je n'étais plus que son ombre, je ne sais si je peux lui en vouloir, ce ne doit pas être gai de vivre avec une ombre...
Ce doit être pour cela qu'il m'a préféré une godiche exigeante et avide de tout, je lui ai pardonné mais comme vous, je ne veut pas admettre que l'amour n'existe pas, je sais seulement que l'idée que j'en avais n'était sans doute pas la bonne. Je veut encore vivre d'amour,mais je crois que j'existerai pour moi autant que pour lui... je crois comme vous que je vais d'abord réapprendre à vivre ,mettre de l'ordre,comme vous l'avez si bien dit et que je pourrai renaître d'une autre manière, partager beaucoup mieux que je ne l'ai fait jusqu'à présent .Mais si vous le permettez, je voudrais partir avec une promesse,celle de vous revoir car je me sens bien avec vous,j'ai l'impression que vous me connaissez depuis toujours , que nous pourrions tout nous raconter et devenir des amis , l'amitié est une valeur si précieuse et je ne pourrais vivre sans mais je n'ai que des copines frivoles auprès desquelles je ne me sens pas bien lorsque j'ai des moments de déprime. Je sais que cela m'arrivera encore, tout comme vous et que nous pourrions compter l'un sur l'autre pour nous aider. Accepteriez vous ? »
La manière dont elle avait exprimé tout haut ce qu'il pensait le ravissait et il ne put qu'acquiescer, joyeux tout à coup à la pensée de ne pas la perdre tout de suite.
Elle se leva, alla vers la bibliothèque et parcourut d'un regard intéressé les livres qui s'y trouvaient. Elle en saisit un, le caressa comme si il lui était précieux, lui décocha un sourire de satisfaction et munie de son trésor, s'en fut en direction du divan. Il s'aperçut que c'était « le petit prince » de saint Exupéry. Il en était certain à présent, elle était une perle rare qui avait été trop longtemps enfermée dans son huître et il devait s'occuper de ce trésor, la porter et l'aimer afin qu'elle puisse se parer de couche de nacre irisée.
Elle ne pouvait pas savoir que c'était son livre préféré, celui par lequel il avait appris, à force de le lire et relire que sa rose à lui ne serait jamais sensible à son amour, qu'elle était bien trop égoïste pour cela. Il avait essayé de lui faire partager sa lecture,croyant qu'elle pourrait comprendre grâce à ce récit fabuleux la valeur des sentiments comme l'amour et l'amitié mais elle s'y était toujours refusée, trouvant ce livre puéril, écrit pour des enfants.
Encore une fois la différence le toucha. Quelle promesse merveilleuse que cette amitié naissante, quel espoir fou surgissait tout à coup devant les battements de son cœur qui semblait se réveiller d'un long sommeil. Saurait il l'aimer, se faire aimer, serait elle celle qu'il avait attendu jusqu'alors ?
Il sourit charmé par sa pose sur le divan et alla chercher ses crayons et son papier car il éprouvait l'envie irrésistible, pour la deuxième fois de la dessiner, de fixer ce moment de rêve sur papier. Elle le regarda, le laissa faire sans mot dire et se replongea dans sa lecture.
Tandis qu'il laissait courir le crayon noir,son croquis rendant de façon parfaite l'expression grave de son visage tendu par une lecture consciencieuse, il se prit à penser que son plus cher désir, c'était que ce jour ne fut qu'un jour comme les autres ...

dimanche 12 juin 2005

l'homme en bleu

Devant ma porte est passé ce matin
Un homme en bleu avec dans sa main
Une lettre de Toi
Une lettre pour moi
Et c'est la que soudain ma journée s'éclaircit
Fébrilité d'un moment obscurci
Par l'attente
Constante
Tremblante et pleine d'espoir
Je ne peux espérer que te voir
Et tout à coup l'angoisse me saisit
Je n'ouvre pas, je ne sais ce que tu écris
Et si c'était..
. Et si je devais...
Non, pas la mort de l'amour
Ce ne peut être en ce jour
Qui salue celui béni
Ou tu es entré dans ma vi
e Alors, témérité folle
Je saisis le couteau et je prends mon envol
Ouvres ma belle, ouvres
Et lis les mots d'amour que tu y trouves
Rien Le vide Page blanche
Effarement
Douleur
Peur
Larmes
Quel est ce message?
Retourne la missive et enfin délivrée
Trouve un baiser caché
Au creux d'un pli oublié...

vendredi 10 juin 2005

S'il te plait, rappelle toi...

S'il te plait, rappelle toi...


Elle se promenait le long de ce fleuve tranquille et laissait son imagination flotter au gré de cette onde verte.D'ou venait il, vers quelle mer se dirigeait il ? Et elle ?qu'allait elle devenir, d'où venait elle ?
Elle ne se souvenait plus de grand-chose,après l'accident,le bruit infernal des tôles brisées,broyées ,des murs blancs ;des blouses vertes,une longue période ou plus rien ne répondait aux commandes de son cerveau et ensuite,la pénible rééducation.
Tout cela était passé, avait pris quelques mois de sa vie mais à présent, bien pire était cette absence de souvenir. Les services sociaux avaient déclarés qu'elle ne pouvait vivre seule et lui avaient donné la possibilité d'habiter un flat appartement dans une maison de repos. Mais elle ne s'y sentait pas bien, elle avait la sensation étrange de n'y être pas à sa place et d'oublier quelque chose d'essentiel.
Elle s'assit sur cette berge accueillante et regarda le mouvement de l'eau, les bulles qui venaient s'éclater irrégulièrement à la surface, la verdure ondulante qui l'entourait et essaya encore et encore de se rappeler. Cet exercice la fatiguait énormément mais elle se disait qu'il fallait à tout prix trouver la raison de cette sensation de vide.
Et soudain la sueur commença à perler sur son front, ses mains devinrent moites, une angoisse, la peur, des images horribles, des cris, vite, se cacher la tête entre les mains et respirer, respirer encore...
Elle se leva en sursaut et courut plus qu'elle ne marchait vers son abri, cette grande maison peu accueillante ou pourtant elle avait son chez-elle.
Elle s'engouffra à l'intérieur, salua le gardien d'un mouvement de tête et s'en fut s'allonger sur son lit.
Elle dut s'être réfugiée dans le sommeil car un bruit léger de grattement sur le battant la fit revenir à elle.
Elle se leva et ouvrit la porte. C'était le psychologue qui venait régulièrement parler avec elle pour essayer de l'aider. Elle le trouvait sympathique, plutôt gentil mais il n'avait pas encore réussi grand-chose. Il lui avait d'ailleurs expliqué que c'était normal,qu'il fallait du temps,beaucoup de temps ,que sa mémoire ne voulait pas revenir,qu'elle voulait consciemment oublier ce qui était arrivé car la cause de l'accident était encore inconnue,mystérieuse. Elle avait été trouvée dans une voiture sans plaques minéralogiques, sans papiers, sans signes particuliers d'aucune sorte, ce qui avait laissé à penser que c'était sans doute elle même qui avait attenté à ses jours et avait voulu disparaître sans laisser de traces. Enfin c'est ce que les enquêteur avaient dit mais il était étrange également qu'après les avis de disparition et le compte rendu de son accident, personne n'ait réagit, elle était « un objet perdu que l'on ne réclamait pas » et cela ennuyait bien du monde car pour l'aider à retrouver son identité, à mieux comprendre, il aurait fallu provoquer un déclic, trouver sa famille. ; mais dans ce grand vide, sans passé, elle n'était plus rien.
Elle fit asseoir le jeune homme qui la couva d'un regard bienveillant en s'enquérant de sa santé et de son moral.
Elle lui sourit et lui répondit doucement que tout allait pour le mieux, qu'elle se sentait bien. Son esprit galopait et elle estima qu'il n'était pas nécessaire de parler de cette angoisse qui l'habitait lorsqu'elle sortait .Que pouvait il y changer, elle n'avait pas envie de se plaindre, elle venait de si loin et ces angoisses si pénibles passeraient bien avec le temps.
Il avait apporté des objets, des photos prises dans des magazines, car c'était une méthode qu'il employait pour cette mémoire absente : il lui lisait des articles, des photos, des publicités, et elle devait juste essayer de se laisser aller à ses émotions. Il espérait ainsi que tout ceci déclencherait un haussement de sourcils, provoquerait une interrogation, bref qu'il pourrait déceler un signe quelconque qui entamerait l'amorce d'une réponse à toutes ces questions laissées sans réponse jusqu'à ce jour. Elle se prêta de bonne grâce à l'exercice et n'eut pas l'impression que cela servait à grand-chose mais elle fut surprise lorsqu elle eut fini car il la regarda en souriant et lui dit d'un ton joyeux :
« Je crois que nous avons fait un progrès, aujourd'hui, enfin »
Elle lui demanda ce qu'il y avait eu de si particulier et il lui fit part de ce qu'il avait remarqué :
« Lorsque je vous ai montré la photo d'une petite fille rousse, vos mains ont tremblés et j'interprète ceci comme un signe. En effet, vous êtes toujours très calme, détachée et ce tremblement veut certainement dire quelque chose. Si votre mémoire refuse encore les souvenirs, sans doute douloureux de ce qui a précédé votre accident, vous ne pouvez rien faire contre votre subconscient qui a tressailli. Cette photo en particulier doit vous toucher, non parce que vous connaissez cette fillette mais parce qu'elle rappelle dans votre inconscient quelque chose d'une autre fillette que vous avez connue. Elle n'est pas forcément la même,ce ne peut être que les cheveux,ou la bouche,ou le nez,ou l'expression de son visage mais c'est à moi de vous montrer d'autres photos pour essayer de nous rapprocher d'un visage plus concret et c'est à vous de continuer à chercher. Dites vous bien que cela ne sera pas facile et que vous risquez de vous faire mal. En effet, si les faits sont trop douloureux, vous pouvez sombrer dans un trou noir. C'est pourquoi je vous demande de me décrire tout ce que vous ressentirez d'ici ma prochaine visite et si vous avez besoin d'aide, si vous vous rappelez quoi que ce soit, allez chez le gardien et il me téléphonera. Comme vous ne savez plus écrire (elle avait perdu les lettres, ne savait plus les associer pour former des mots), je vais vous laisser des magazines car il faudrait pour m'aider que vous découpiez des images qui évoquent ce dont vous vous souvenez. »
Sur ces mots, il la quittât et elle se sentit prise d'un vertige. Que lui avait-il dit, il allait aller plus loin, il allait chercher encore mais le voulait elle ? Encore une question sans réponse, enfin elle n'en était pas sure, elle ne savait pas ce qu'elle voulait justement, elle avait peur aussi de ce qu'elle pouvait apprendre, peur de savoir si c'était vrai qu'elle avait voulu en finir avec la vie car si c'était vrai, ce devait être grave, on n'arrête pas sa vie sans raison sérieuse avaient dits les enquêteurs. Donc, la culpabilité qu'elle ressentait se rajoutait à son je ne sais quoi d'amertume devant cette recherche si pénible. Ne pouvaient ils pas la laisser tranquille, pourquoi à tout prix vouloir chercher, et elle se mit à pleurer à chaude larmes. Etrange, ce déferlement d'émotion, ce ne lui était jamais arrivé depuis le jour fatidique, elle ne pleurait plus, ne riait plus, ne souffrait plus...même les infirmiers et docteurs l'avaient félicitée pour son courage devant la douleur. Ils ne comprenaient pas bien mais elle avait essayé d'expliquer que c'était comme si il y avait quelque chose de mort en elle, et la sensibilité physique était une partie de ce qui avait disparu à jamais.
Ces larmes étaient donc quelque chose d'exceptionnel et de dangereux, elle ne voulait pas, ne voulait absolument pas que cela se reproduise, elle devait se durcir, elle devait revenir à ce qu'elle s'était promis, elle devait continuer à oublier, surtout ne pas laisser ses souvenirs revenir car sinon elle allait encore souffrir. ;
Elle se secoua, comme un chiot qui s'ébroue après le bain et se prépara pour le repas. Elle devait se rendre dans la salle où tous venaient prendre leurs repas et appréhendait ce moment. Elle s'y rendait chaque soir mais n'aimait pas ces visages qui l'entouraient, c'était le plus souvent des visages absents, des gens enfermés dans leur amnésie et ils n'avaient rien à dire, rien à partager. Comme elle ils étaient à la recherche de leur passé mais bizarrement elle ne se sentait pas de leur monde.
Elle avala son repas en vitesse et remonta dans son antre.
Elle prit les illustrés laissés par le psy et en parcourut quelques uns mais son esprit vagabondait, elle ne voyait rien de ce qui s'étalait devant ses yeux. Elle fermât ses paupières lourdes et résolut d'aller se coucher car cette journée lui semblait tout à coup bien épuisante.
Elle se réveillât à l'aube et, contrairement à ce qu'elle attendait, elle avait dormi d'un sommeil profond et sans rêves.
Elle ouvrit sa fenêtre et l'air odorant des jasmins et des orangers l'atteignit en plein visage. Comment se prénommaient ces senteurs ? Quels étaient ces arbres ?il fallait qu'elle le demande tout à l'heure car elle aimait ces parfums et elle trouvait dommage de ne plus savoir les nommer. Après une toilette sommaire, elle résolut de partir. Elle ne dirait rien à personne mais elle pensait qu'il fallait fuir. Cela lui semblait une évidence, elle ne savait pourquoi, sans doute la peur la poussait elle car après tout, c'était le week-end et le psy ne reviendrait que lundi. Oui, c'était bien ça, il voulait l'aider mais elle savait au fond de son être qu'elle ne voulait pas être aidée, elle ne voulait pas que l'on retrouve ce passé, et elle allait tout faire pour que cela ne se produise pas. FUIR...
Ce mot s'écrivait en lettre de feu dans son cerveau, une sensation de connu, de déjà vu. Elle avait donc déjà fui, elle en était sure à présent, seule la raison lui en échappait encore.
Elle rassembla quelques affaires de toilette et une robe dans un petit sac qu'elle avait trouvé dans une armoire et franchit la porte avec une sensation de victoire. Elle partait, elle ne reviendrait plus, elle voulait bien vivre mais elle ne voulait plus rien savoir de plus que les choses courantes de la vie qu'elle allait réapprendre tout doucement, à son rythme et sans laisser voir qu'il y avait tant de choses qu'elle ne savait plus faire comme tout le monde.

Le premier moment était exaltant, elle marcha vers le portail, s'en alla en direction de l'eau qu'elle appréciait tant et se promena lentement tandis que les réflexions commençaient à l'assaillir...qu'allait il se passer, elle ne savait plus rien faire et elle devait vivre, comment trouver un endroit ou dormir, comment manger ? Elle se sentit tout à coup bien faible, bien petite et ses pas devinrent plus hésitants.
Etait ce donc si terrible de se souvenir de tout, cette guerre qu'elle se livrait devrait avoir un jour une fin et elle ne pouvait pas continuer à avancer vers le vide, elle devait retourner un pas en arrière et cela lui permettrait d'aller à nouveau vers l'avant. Une auto passa à ses côtés et une voix lui demanda :
« Vous ne voulez pas que je vous dépose ? »
Elle dévisagea ce conducteur et fit un pas sur le coté
« Non, cela ira ; merci » s'entendit-elle répondre.
Mais lorsqu'il s'éloigna elle se sentit vide et de nouveau un vertige la saisit.
Elle descendit vers l'eau dans laquelle se reflétait les arbres des rives et le soleil et elle frissona. Elle n'avait même pas pensé à prendre un pull-over dans sa hâte irréfléchie. Elle s'assit submergée par la lassitude et s'allongea en fermant les yeux.
S'arrêter, se perdre dans cette eau, remonter à sa source et redescendre vers une nouvelle vie, oublier pour toujours cette recherche de son passé, effacer le tableau noir de ses douleurs, regarder à nouveau la vie. ; Quel était ce rêve qu'elle ne pouvait pas réaliser quel était cet espoir qui s'insinuait dans son crâne douloureux, elle savait bien que le prix à payer était trop lourd, qu'elle ne pouvait pas y penser, que ce chemin d'oubli qu'elle s'était tracée était la seule voie possible.
Une idée folle jaillit, et si elle se laissait tout simplement glisser dans cette onde accueillante, personne ne le saurait, personne ne la chercherait puisqu'il n'y avait déjà plus rien. Les responsables du home n'en avaient cure, une personne de plus ou de moins qu'est ce que cela pouvait bien faire ?
Les habitants du home ne la connaissaient pas, ils n'avaient vu qu'une ombre pale qui venait y prendre ses repas, et en plus, ils étaient bien trop occupés avec leurs propres mémoires.
Le psy, oh oui, il avait l'air de l'aimer bien, il était sincère lorsqu'il voulait l'aider mais il avait sa vie, et il ne s'en ferait pas si il perdait une patiente comme elle, ces gens la n'éprouvent pas de sentiments pour leurs malades, ils ont appris à se détacher des problèmes qu'ils traitent, donc elle ne lui manquerait pas non plus, juste sans doute une phrase du type :
« Elle était bizarre, elle ne réagissait déjà plus à rien, elle n'aura pas supporté de ne plus avoir d'origine.. ; »
Tout à coup une petite voix la fit sursauter :
« Tu viens souvent ici ? »
Elle ne l'avait pas entendu arriver et se retourna, comme une enfant prise en défaut vers l'origine de cette interruption dans ses pensées.
Derrière elle se tenait un enfant et un petit chien noir qui s'assit en la regardant .Elle n'en revenait pas, elle n'avait jamais croisé personne, il n'y avait pas d'habitation à 10 kilomètres à la ronde et elle avait l'impression qu'elle rêvait. Cette petite fille qui se tenait là avait des cheveux couleur de cuivre flamboyants, un petit nez retroussé et des tas de petites taches de rousseur. Cette toison dorée au soleil, non, elle devait se pincer pour s'assurer qu'elle ne rêvait pas, ce n'était pas un mirage, mais c'était ses cheveux, son air narquois, même le chien ressemblait à Pocket. Et soudain, elle se mit à rire, elle avait l'impression de devenir folle, ce n'était pas un hasard, ce n'était pas possible, cela n'existe que dans les livres, pas dans la réalité. ; Alors qu'elle fuyait résolument toue traces de son passé, une simple rencontre à un moment complètement désespéré remettait tout en question. Ce signe du ciel,il fallait qu'elle l'écoute,il fallait qu'elle raconte à tous pourquoi elle était morte avec sa fille pourquoi elle avait arrêté de vivre le jour ou son petit ange avait rendu son dernier soupir ,pourquoi tout d'un coup sa mémoire était claire comme du cristal ; Elle avait lutté pour cette petite vie ,la maladie l'avait emporté, elle avait perdu sa bataille,elle avait failli à son rôle de mère ,elle avait eu tant de chagrin, elle ne voulait plus de cette vie car elle voulait rejoindre son enfant,le suivre ou il était,elle avait jeté sa voiture contre un arbre,elle n'aurait jamais du se réveiller après cet accident,elle ne voulait plus vivre. Mais tout à coup, cette apparition lui faisait comprendre une chose essentielle : La vie était la, plus forte que tout, sa fille vivait encore, elle l'aurait tuée une deuxième fois en se tuant aussi, elle n'avait que trop tardé à se souvenir de leurs éclats de rire, de leur complicité, des promesses qu'elle lui avait faites en fermant ses yeux pour toujours. Cette petite fille rousse était l'image même de la Vie, en un instant elle avait déchiré le grand voile noir qui cachait le soleil, elle lui sourit et lui planta un gros bisou sur ses joues chaudes et lui murmura :
« Je te remercie, j'ai retrouvé ma lumière, après tout, on est mort que lorsqu'on vous a oublié... »


mercredi 08 juin 2005

pour un instant d'exception..

pour ne vivre qu'un peu mais vivre intensément pour allumer le feu et t'aimer d'un amour brulant

j'aurais tant voulu te prouver
toi qui ne croyais en rien
toi le petit garcon abandonné
qui n'avait pas connu les tiens

que la passion
la déraison
les sentiments
le feu dévorant

étaient ces aubes claires
ou l'on se couchait éreintés
étaient ces lumières
illuminant nos nuits étoilées

mais tu es resté insensible
as jeté mon coeur aux orties
n'a pas cru cet amour crédible
et t'es dirigé vers la sortie

Je t'ai retenu
mais tu m'as deçue
et il ne me reste plus rien
que mes deux mains

tendues vers toi
comme un calice précieux
contenant toute ma foi
et mon amour silencieux

mardi 31 mai 2005

perles de pluie au pays des larmes...

il y a tant dans une simple feuille de papier tant de choses à écrire tant de choses à taire tant de rêves et d'espoirs qui sont couchés devant elle attendant la plume salvatrice qui permettra l'expression de tous ces bonheurs,de toutes ces angoisses... c'est la meilleure amie et la pire ennemie de celui qui devant sa nudité ne peut s'empêcher de la vêtir de boucles et de brins en rougissant parfois de l'audace des mots qu'il ose y allonger du vertige qu'il ressent lorsque comblée elle s'emplit de signes indélébiles qu'elle partagera plus loin avec les admiratrices de son ami l'écrivain

Pourquoi ne pas être heureux...

Il y a tant de raisons pour pleurer
Il y a tant de raisons pour hurler
Sa douleur
Son bonheur
Aucune d'entre elles assez forte
Pour que je ne t'ouvre la porte
Te laissant partir
Te laissant revenir
Sans oser te dire
Que tu n'es pas mon avenir
Trop de choses nous séparent
Rien ne se prépare, tu m'as rencontrée
Perdue et mal aimée
Et je me suis accrochée
À toi comme a une bouée
Mais tu n'as rien compris
Et tu n'as rien appris
Pas d'amour
Rien que de la raison
Pas d'amour
Et aucune passion
C'est horrible, je t'en prie
Délivre moi de toi
Je te supplie
Oublies moi
Je ne sais faire qu'aimer
Et c'est la seule chose que tu ne veux pas accepter
Notre histoire est un échec
Car tu m'as pris pour un carnet de chèques
Comment t'en vouloir
Je n'ai pas voulu voir
Car tu le sais pourtant
Mon moindre souci est l'argent
Mais de rester sans amour je me perds
Car même tes mains me désespèrent
Elles ne connaissent pas les caresses
Elles ne parlent pas de tendresse
Et je meurs doucement
Sous un amour finissant


mercredi 04 mai 2005

lettres a ma mère...

Le 24 mai 1954 à 7 heures et 10 minutes, j'eut la surprise de m'entendre dire : " Avec celle la, vous n'avez pas fini d'en voir..."
Ces paroles ne m'étaient pas directement destinées, le gynécologue qui venait de les prononcer parlait de moi à ma mère en ces termes parce que je criais, non, je hurlais mon angoisse en découvrant le monde. Cela peut vous paraître bizarre car je pense, pour avoir eu moi-même quatre enfants par la suite que lors de l'accouchement, le plus beau moment pour une mère est celui de ce premier cri qui efface d'un seul coup neuf mois d'attente et quelques heures de souffrance.
Quoi qu'il en soit, il y a 44 ans, on m'interdisait déjà le droit d'exprimer librement mon chagrin... Et cela ne faisait que commencer...
Ma mère, femme de devoir par excellence, décida de me nourrir. Non pas en me laissant téter le doux sein qu'elle aurait pu m'offrir en même temps que sa tendresse, mais en tirant son lait avec une tire lait et en transvasant le contenu dans un biberon. Le contact était déjà difficile. Bien sur, elle eut quelques problèmes avec le bébé vomisseur et bruyant qu'elle tenait dans les bras et il faut dire que je ne l'attirais guère puisque je pleurais encore et toujours. Enfin, elle se décida à appeler le médecin. Cet homme de science décréta que j'avais faim. Eh oui, tout simplement il me fallait une autre alimentation, plus solide, des biscottes écrasées dans du lait, de la soupe de légumes, enfin, le prétexte était bon pour arrêter de me nourrir et le lait que je ne voulais plus allait au lactarium, n'étant donc pas perdu pour tout le monde, j'ai certainement quelques petits frères ou sœurs de lait qui auront eu autant d'amour que moi en buvant ce nectar...

C'est drôle, c'est aujourd'hui que je t'écris ces mots et j'espère que tu ne liras jamais ces lignes. Il fallait que je commence un jour, que je t'explique toute l'incompréhension dont a été faite notre relation ; tu as eu la délicatesse de me dresser ( excuse-moi, ce sont tes mots que j'emploie et si je suis sûre qu'ils ne te choquent pas, moi je ne me suis jamais habituée à les employer sans frémir), de me dire souvent que je ne serais pas venue au monde si mon père n'avait eu la sotte idée de désirer une fille et grâce à ces paroles et aux gestes qu'elles ont entraînés, je te dois tous les cauchemars de mon enfance et quoique les blessures se cicatrisent au fil du temps, j'ai encore parfois mal, comme aujourd'hui, lorsque ces souvenirs me reviennent en mémoire parce que tu m'as parlé de Jimmy. Mon petit dernier, mon petit quatrième, mon petit trisomique, ce bébé que tu souhaiterais voir mort et que tu haïssais déjà avant sa naissance parce qu'il ne serait pas comme les autres, parce qu'après avoir été la honte de ta vie, je me permettais de m'opposer ouvertement à ton désir à peine voilé d'avorter et de jeter dans une poubelle cet être sans défense, parce que pour la première fois, peut être, je t'ai montré que tu n'avais pas de cœur et que cette image de toi même ne t'était pas supportable...
Ces paroles que tu m'as jetées au visage comme une fiole de fiel, ces quelques mots qui détruisent tout, tu les as déjà oubliés, mais ils brûlent encore dans ma tête ": Maintenant il évolue sans doute pas trop mal, mais on verra plus tard, ce sera toujours difficile et tu verras, ses frères et sœur l'abandonneront. Ils rencontreront quelqu'un, feront leur vie et rien de ce que tu rêves pour cet enfant ne sera possible. Tu ne te rendais pas compte que se serait aussi difficile, et maintenant,..."
Et tu avais tout à fait raison, tu feras certes tout ce qu'il faut pour nous détruire, je puis compter sur toi.

.../...
Je me réveille et il faut que je continue ce que j'ai commencé hier. J'ai été brusque, dure et j'en ai déjà des remords. Je n'y puis rien, c'est d'ailleurs à cause de cela que je reviens toujours vers toi. Tu m'as tellement inculqué ce respect de la mère, de ce qu'elle représente, tu as si souvent versé des larmes de crocodiles en prétextant que je te faisais mal, et si j'avais le malheur de t'approcher pour me faire pardonner, pour t'embrasser, tu me repoussais de ces quelque parole : Il ne suffit pas de demander pardon, il faut monter que tu regrettes par tes actes. Alors, je ne veux pas de tes baisers, garde les, et agit autrement. Encore une fois, nul ne peut dire que tu avais tort sur le fond mais la forme... un enfant sensible repoussé de la sorte retourne dans un coin, pleure et se sent si coupable que pour ces peccadilles qui déclenchaient entre nous ces joutes sans pitié, je me maudissais d'être née et de t'infliger la douleur de vivre avec un enfant aussi difficile et mauvais que moi. Il me venait alors des idées bizarres, je n'étais sans doute pas ta fille, tu m'avais adoptée et c'est ce qui expliquait cette différence que je sentais, mon frère et oie, vous étiez si dur, si froids, j'étais sure de ce que je pensais et la seule chose qui me faisait changer d'avis est que lorsque papa rentrait, je me sentais au moins sa fille.

Papa. Tu ne disais rien, tu n'osais pas, je crois, parce que tu lui devais tant de choses, à cette mégère, et elle te culpabilisait tellement, que tu me couvais des yeux, que tu faisais semblant de rien , mais à ses doléances sur ma déplorable conduite, tu n'ajoutais que quelques bribes de phrase, tu prenais ton journal et voyant que cela ne t'émouvait guère, elle se détournait en maugréant qu'il était évident que l'on ne pouvait jamais rien dire sur ta fille...
A toi aussi, papa, je vais écrire une lettre, de l'éternité ou tu te trouves, tu ne la liras jamais avec tes yeux mais tu sais depuis plus de douze ans, depuis que tu es parti que j'ai tout perdu en te perdant, que si je vis encore aujourd'hui c'est parce que j'ai pu penser à toi et que dans la magnifique relation qui nous unissait, elle n'a jamais su pénétrer. C'est ce qui l'a rendue folle de rage, c'est ce qu'elle n'accepte toujours pas, cette dévotion que j'ai toujours eue pour toi et qu'elle n'a pas su détruire avec ses méchancetés, avec ses critiques, avec son air de rien quand elle me disait : Si ton père te voyait, qu'est ce qu'il dirait : il n'aimait pas André, il n'aurait certainement jamais pensé que tu aurais des enfants et...
Eh oui, selon toi, il ne serrait pas content de mon mariage, de mes enfants, de ma façon de vivre, mais c'est ce que toi tu pense, je ne serai jamais persuadée du fait que tu connaissais si bien ton mari que tu pouvais savoir ce qu'il penserait de ma vie actuelle. Je n'oublie pas ses paroles, lorsqu'il était déjà bien malade et qu'il n'osait se laver les cheveux, qu'il attendait d'être seul avec moi, pour se précipiter, chancelant dans la salle de bain afin de pouvoir faire en vitesse ce que tu ne jugeais pas nécessaire : se rafraîchir la petite brosse qui repoussait après la chimiothérapie et dont tu estimais inutile le shampooing.
Et cette autre fois, ou ne sachant encore ce qu'il avait, il se promenait en me demandant de ne pas le laisser rentrer à l'hôpital car il savait que ce serait grave, qu'il n'en sortirait pas vivant et il ne voulait donc pas se soigner, mais tu le forçais et comme d'habitude, tu avais raison. Raison mais est ce raison que de pousser quelqu'un qui sait à s'entendre dire la vérité par des médecins ? Dans sa quête de ne pas savoir, il me posait toutes ces questions pièges car il savait que je ne lui ferais pas de mal, il savait que je lui mentirais parce ce qu'il voulait entendre de ces mots horribles, chimiothérapie, tumeur,... etc. ; ..n'était pas la vérité mais des pieux mensonges rendant ces mots plus beaux que leurs définitions

Il s'en est passé des choses depuis la dernière fois que je t'ai écrit ;

Pourquoi tant de haine, pourquoi tant de mépris envers ta propre fille ? Ce n'est pas la première fois que tu essaies de me faire du mal et pourtant, je suis quand même étonnée. C'est bizarre d'ailleurs car je devrais avoir compris depuis si longtemps. Mais peut -on jamais comprendre l'incompréhensible, peut -on jamais comprendre ce qui nous motive à toujours croire ou espérer que les méchants deviennent meilleurs et que la réalité ne correspond pas au rêve que l'on s'en est fait.pourtant, je t'en conjure, arrête, arrête tant qu'il en est encore temps, je risque de ne plus savoir me taire, je risque de tout te dire, de commettre l'irréparable et ce serait à tout le moins une rupture définitive et sans appel car ce qui nous permet de tenir une petite relation est ce silence que nous avons installé entre nous.
André a arrêté de boire 15 jours après la naissance de Jimmy et je l'en remercie parce que je sais que l'on s'est toujours aimé, et même si l'on ne s'est pas toujours compris ou rejoint, on a toujours éprouvé du respect l'un pour l'autre. Un respect dont on ne parle pas mais qui s'est manifesté lors de la naissance de Jimmy alors que sans se le dire, on a compris que l'on devait faire front pour protéger ce petit qui nous arrivait comme un don du ciel. Nous sommes , et c'est ce qui nous a unis , marginaux aux yeux du reste du monde mais cette marginalité est notre différence , notre terrain d'entente , notre cocon d'absolu ,notre mai 68 et c'est à elle que nous devons à l'amour d'avoir survécu aux coups de folie et aux coups de gueules que nous lui avons imposé .

Ta dernière trouvaille est donc vieille de quelques jours .Tu me demandes de garder Jennifer deux ou trois jours pendant les vacances de Toussaint car j'ai du travail à préparer mon mariage avec l'homme que tu détestes mais avec qui tu essaies de pactiser pour mieux m'atteindre .Et elle me revient avec des paroles de haine , avec des propos que je ne peut pas croire et pourtant , je sais qu'elle n'a rien inventé . Ma chère et tendre mère mène sa guerre avec les moyens des lâches ...
"Mamy m'a dit que lorsque je serais grande (???),elle me montrerait toutes les preuves de ta méchanceté , du mal que tu lui as fait , elle m'a dit en pleurant qu'elle t'aimait tant , que ce qu'elle a fait pour toi , elle ne l'aurait jamais fait pour ton frère , que tout le monde a profité de toi , tes amis surtout , que tu as des préférences , que tu as ouvert un compte épargne pour tes trois fils , pas pour moi , alors , pour réparer cette injustice , elle m'a ouvert un compte et j'en aurai l'argent à 23 ans mais je ne peut pas t'en parler parce que si je te raconte tout ce qu'elle me dit , elle supprime l'argent qu'elle met de côté pour moi , et puis comme nous allons partir en vacances , on verra bien avec qui je préfère partir ..."
Je reste sans voix , j'ai envie de pleurer . c'est trop pour aujourd'hui, attends demain , maman , je continuerai ma lettre . Pour l'heure, je suis trop écœurée. J'arrête.


.../...
J'ai laissé passer quelques jours car il n'est pas évident d'avaler un tel coup et de le digérer en vingt quatre heures .
Il est vrai que depuis lors tu as eu la gentillesse de m'appeler . Serait ce pour dire bonjour? eh non, ce n'était que pour me réclamer de l'argent . Que je te dois , bien sur . Tu as eu l'amabilité de demander un prêt de cent mille francs a la banque pour me dépanner car depuis la naissance de Jimmy , je reste à la maison et mon compte en banque est a sec . Donc , t'ayant parlé de mes ennuis financiers , tu as résolu le problème . Tu m'as fait signer un papier comme quoi je te devais cet argent (eh oui,une reconnaissance de dette en bonne et due forme ...)et je dois te rembourser tous les mois une partie de cet argent . Ce mois ci étant encore plus difficile que les autres , je n'ai pas su te payer le vingt , comme prévu et le vingt deux , tu me sonnais très gentiment :
"et alors , mon argent , ou est il , j'ai d'énormes difficultés et tu n'est pas venue m'apporter mes sous .Quelle nouvelle ."
Au son de ta voix , j'ai tout de suite compris qu'il n'était pas de bon ton de te répondre mais pourtant , et c'est la que je vois que tu as perdu un peu de ton emprise , je t'ai répondu sur le même ton:
"Tu sais que l'on a coupé mon téléphone , que je ne sais plus appeler , que j'ai d'énormes problèmes , alors , attends , nous sommes mercredi , vendredi je t'apporterai l'argent ."
Comme ma voix était sans doute aussi dure que la tienne , tu es vite revenue en arrière et m'as quand même demandé des nouvelles de tes petits enfants .Il était temps !!!
la conversation a donc continué sur le ton des banalités et tu as raccroché une dizaine de minutes plus tard .
le vendredi , je suis allée t'apporter tes sous , comme ca tout était en ordre . Je n'ai pas osé te dire que je ne savais pas payer ma maison ce mois ci , que je devais expliquer à mes enfants que saint Nicolas passe chez les enfants dont les parents ont de l'argent , que maintenant qu'André va mieux je suis en train de crouler sous les problèmes financiers ...que lorsque j'aurai payé mes taxes et notes en retard , la maison ne se paiera pas toute seule , que si je n'ai pas de travail , à partir du 10 décembre , mon portefeuille sera vide et que la Noël sera triste , que je me priverai sans doute de manger pour que je puisse au moins donner une illusion de fête en achetant un sapin avec ses racines que l'on pourra récupérer pour le jardin ,que si je trouve du travail , il faut à tout prix que ce soit la nuit car je dois continuer à élever mes enfants et que je ne peut pas lâcher André qui est encore trop fragile ...
Enfin , bref , je ne te parle de rien d'important parce que tu me répondrais sans doute que je gère mal mon budget , qu'il faut beaucoup calculer , que je n'avais qu'a pas partir en vacances ...
Evidemment , il est si simple de vivre avec les rentrées d'un invalide( la moitié d'un salaire normal ),et je ne veut pas rentrer dans les chiffres mais je te montrerai la lettre que j'ai écrit à marraine qui m'avait légèrement accusé de la même chose . Il est d'ailleurs étonnant de voir que ce sont toujours ceux qui partent en vacances tous les ans , voire plusieurs fois par an et qui avouent dépenser des fortunes en voyage qui osent me critiquer parce que je suis partie en voyage de noces , avec mes quatre enfants , pour trois jours, et ce , pour la première fois depuis vingt ans !!!
Bon , revenons à nos moutons .

La dernière fois , j'étais restée sans plume devant ta vilenie .
J'ai du partager ce secret avec quelques personnes qui m'entourent pour me remettre et pour en conclure que c'était ton attitude qui était insensée .
la première personne a été Marie -Jo , que tu détestes parce qu'elle est la marraine de Jimmy et que c'est à cause d'elle que Jimmy est la...enfin , c'est ce que tu m'as dit un des jours ou tu as osé exprimer ton refus de cette naissance dérangeante .
Celle la , a eu une mère aussi , bizarrement , une de ces mères formidables qui a toujours aidé sa fille en cas de besoin , une mère d'amour . Elle m'a immédiatement fait part de sa réprobation quand a ton attitude . Son fils , a qui elle avait lu la lettre , a simplement dit que jamais sa grand mère n'aurait fait une chose pareille et pourtant , marie jo a trois enfants , différents , avec des problèmes , comme tout le monde , et surtout , n'a pas toujours su faire la même chose pour tous . Et sa mère qui adorait ses petits enfants n'a jamais eu la même attitude que toi . Ouf , une preuve.
Bon , admettons que j'ai justement choisi une personne qui n'entre pas dans tes façons de voir . j'ai donc aussi été chez le psy qui me suit . il y a des années , une autre psy , une femme avait osé dire devant toi que tu avais tort , que tu étais une femme de devoir et non une femme d'amour C'est a cette époque que tu as bizarrement cessé de croire à la médecine des psy .
Et pourtant celui ci n'a pas été plus d'accord avec ta manière de voir les choses . Il a conclus au récit des événements que tu aurais pu , pour une fois , montrer un peu d'assentiment à mes décisions et aussi , chose étrange , tu ne vas pas me croire , il m'a dit que tu faisait des préférences , que c'était chose courante de la part d'une grand mère par rapport a un de ces petits enfants . Il n'a pas été jusqu'à me dire que c'était donc pour cacher cet état de fait que tu m'en avais accusé mais lorsque je lui ai dit , il n'a pas dénié . Il m'a de plus complètement rassuré car il a estimé que si Jennifer m'en parlait , Il n'y avait pas péril en la demeure .En outre , il m'a conseillé d'espacer les visites car il est clair que tu ne fais rien pour m'aider en ce moment et que si je veut un jour arrêter de prendre du prozac , il faudra que je reprennes des forces plutôt que d'en perdre avec des mauvais coups de ce genre .


.../...
Voila , ca y st , je suis mariée avec l'homme que tu détestes le plus au monde . Celui qui m'a fait quatre enfants , celui dont tu as eu la délicatesse de dire qu'avec moi , il avait facile , car quand je l'avais quitté , lorsqu'il venait me voir , il ne devait pas payer comme il aurait du le faire chez d'autres femmes . Quel mépris .
ne t'es tu jamais vraiment demandée pourquoi l'on s'était séparés , pourquoi notre parcours a t'il été si difficile , J'en ai pour longtemps mais je vais tenter de t'emmener dans les méandres de ma vie dont tu ne connais rien pour que tu puisses enfin concevoir qu'il y a autre chose , peut être simplement voudrais je croire à l'amour , ou tout au moins a quelque chose qui y ressemble dans la relation que toi tu prend pour une vulgaire histoire de cul dont je serais la dupe .
J'ai rencontré André lorsque j'avais 18 ans .
Apres les cours , à quatre heures , je ne pouvais pas sortir donc , je t'ai quelquefois un peu menti . Je te disais que j'avais cours plus tard et j'allais dans un de ces lieux mal famés ou sortent les jeunes de tout milieu qui boivent un verre en écoutant la musique . Nous sommes en 1973 et j'ai un peu moins de 18 ans . Bien sur , tu as des soupçons mais cela ne m'arrive que de temps en temps , alors , entre deux escapades , je parvient à calmer tes doutes .
Tu n'aimes pas mes copines , mes fréquentations qui ne sont pas des filles bien , mais lorsque je suis à l'école , tu n'es pas à coté de moi pour voir ce que j'y fait .de mon côté , j'essaie de te parler quelquefois des mystères de la vie qui me préoccupent mais depuis le jour de mes premières règles ou tu as salué l'événement d'un :"cette fois , ma fille , tu devras faire attention aux hommes . Ils te courront après pour avoir du plaisir , puis te laisseront tomber et tu pourrais être enceinte, alors , fais attention " j'ai depuis lors essayé d'en savoir plus long car j'ai lu des contes de fées , comme tout enfant et l'on n'y parle pas de satyre mais d'amour . Donc , il n'est quand même pas possible qu'il n'y ai autre chose sur terre que des dégoûtants , mais il faut dire que les vagues mots que tu m'as lâchés du bout des lèvres ont toujours été assez suspect : cela se résumait a un acte qu'il fallait subir , parce qu'on se mariait , qui était sale , que d'ailleurs tous les hommes sont dangereux car ils ne pensent qu'aux saletés .

Donc , autant dire que je suis ce qu'on appelle une oie blanche .
par un de ces après midi ou ma copine Nadine a rendez vous avec un petit ami dans un de ces cafés nommés le Buut ,j'attends gentiment en sirotant un coca qu'elle ait fini de s'occuper de son copain du moment , Jean Marie , je vois sur la banquette derrière mois un homme jeune (il a 30 ans , mais cela je ne l'ai pas deviné , il a du me le dire )qui a l'air triste , déprimé , qui raconte au patron que la vie est une catastrophe , que rien ne va , enfin bref , un joyeux luron .
il me regarde de temps en temps mais ne s'adresse pas a moi directement et je ne fais donc que l'écouter .
Lorsque Nadine revient , elle me présente enfin à ce triste inconnu et l'appelle André , dit Dede le marin . Il me dit à peine bonjour , rien ne l'intéresse et certainement pas moi .
Quelque jours plus tard , je reviens au même endroit et Dede le marin est cette fois au comptoir , un peu plus bavard , mais toujours avec cet air un peu dégouté , et il est en pleine discussion avec le patron . Je m'assied une fois de plus en attendant Nadine et j'écoute . la discussion est assez agitée , porte sur un sujet dont je ne me rappelle plus mais qui a l'air très important si j'en juge par l'emportement et les dénégations des deux partenaires . Tout a coup , le Dede se calme , se tourne vers moi et demande à Marcel , le patron de m'offrir un verre . J'accepte le coca et il commence à me parler de cette vie qui ne vaut pas grand chose , des problèmes , lesquels , il reste assez vague et je conclus qu'il a une peine de coeur , que la dénommée Jenny l'a quitté , qu'il a rencontré une autre X , (Isabelle , je crois , )mais qu'elle est trop jeune , que ca ne peut pas marcher , qu'il va mettre fin a cette histoire , qu'elle lui écrit etc....

devant tant de peines , j'essaie de lui dire que la vie n'est pas si moche que ca , que il y a quand même des bons moments , qu'il faut rester positif . il me regarde comme si j'etais une martienne , demande mon âge , sourit et dit que je suis jeune , que je n'y comprend rien . Eh voila , je me prenais pour une grande , je suis vite redevenue toute petite .
Il est tout de même clair qu'il m'attire , avec ses airs de révolte , probablement parce que mes révoltes à moi doivent être secrètes , que jamais je n'oserais élever la voix devant toi , maman , car tu m'as bien élevée et ce type a un je ne sais quoi de terrain inconnu .
Toujours est il que de fil en aiguille , je parvient a repérer quand il vient et j'essaie d'être la le plus souvent possible .Quelle entreprise , je dois endormir ta méfiance et quand il est en retard , pour le voir ne fut ce que 5 minutes il faut que j'invente des mensonges grands comme le monde pour expliquer mes retards . Il est vrai qu'il commence tout doucement à s'intéresser à moi et au bout de quelques rencontres , nous voila entrain de flirter . c'est tout ce que je connais de l'amour , j'ai eu dans le temps une petite amourette avec un français , en vacances , qui m'a appris en tous cas comment embrasser mais pour le reste , a part une main dans la petite culotte , je ne sais pas grand chose .
A l'école , toute excitée par mon grand amour avec cet homme qui sait tout , qui a été marin , qui me raconte ses voyages , son histoire , la vie , me fait rêver et partir avec lui ;je raconte à ma meilleure copine que cette histoire est magnifique et prétextant n'importe quoi , j'essaie toujours de grappiller quelques minutes de temps à lui consacrer en inventant auprès de toi , maman des excuses on ne peut plus étranges . Tu as raison d'avoir des soupçons car cet homme dangereux me fait une cour bizarre , clamant qu'il ne veut pas d'une fille aussi jeune , que je ne prend pas la pilule , que je suis donc dangereuse , que de toute manière , il ne sait pas choisir entre jenny et moi . parce qu'entre temps , il est retourné vivre avec Jenny . Mais je l'aime . et mon amour de 18ans est beau , pur , je sais que cet homme la est fait pour moi , que cette Jenny est une conne de ne pas comprendre qu'il est exceptionnel . En plus , il ne me saute pas dessus , il me respecte , c'est moi qui lui propose de faire tous les sacrifices , de prendre la pilule s'il le veut . Mais il dit vouloir attendre . que l'on ne va pas rester ensemble mais je ne veut pas le croire .

De toutes manières tu as senti que j'étais en train de changer et tu te doutes que je suis amoureuse , tu as peur et ca , je l'ai compris. alors , j'essaie de te parler d'André , mais évidemment je sais que cela ne peut pas coller entre toi et lui . c'est l'ogre qui va dévorer ta fille , il n'a donc déjà que des défauts . En plus , il est ouvrier , plus âgé , a divorcé , boit un peu de trop ...
tu essaies de me mettre en garde , maladroitement , essaies de savoir s'il ne m'a pas touchée , bref , j'ai beau te rassurer , tu ne me crois pas et en plus , tu es persuadée que cette histoire est a sens unique .
Avec le recul ,je ne sais si tu avais raison , je ne sais s'il était vraiment amoureux à cette époque , je crois en effet que ce qui le séduisait était mon innocence et ma gentillesse mais il est sur qu'il ne voulait pas me rouler , qu'il était sincère quand il me disait hésiter , et qu'il n'a pas profité de cette innocence pour me détruire . Au contraire , il parlait de me protéger , jaloux et possessif , au fond , il m'apprenait la vie qu'il estimait dégueulasse en me protégeant de ses mauvais côtés par sa présence et ses mises en garde .

.../...
Voila , excuses moi de ne pas avoir continué hier mais ma petite famille me réclamait .J'ai continué cependant à te parler dans ma tête et j'ai très mal dormi . C'est drôle comme le fait d'évoquer tout cela me met dans un état second , cette mise au point de ma vie est tellement importante que je sais que si tu ne la lis pas , elle aura eu le mérite de m'avoir fait écrire tout ce que je pensais et qu'elle est ma thérapie , que c'est enfin le moment de me libérer et qu'ainsi je pourrai être pleinement a mes enfants et surtout construire l'avenir de Jimmy ;Tu sais , un enfant qui a souffert ne s'en remet jamais , et malheureusement , beaucoup d'enfants souffrent , il y avait justement un débat consacré a ce sujet hier soir a la télévision . Le film qui précédait parlait du recrutement des enfants qui allaient devenir les nazis ,cette pure race que Hitler recherchait .A un moment , c'était frappant , les paroles du recruteur étaient les mêmes que les tiennes :"les petits qui ne sont pas de pure race ont la trahison dans le sang , dans les gênes . Ils se retourneront un jour ou l'autre et vous cracheront à la figure , le jour ou ils n'auront plus besoin de vous..."
J'ai cru t'entendre lorsque tu me parles des étrangers qui habitent chez nous . et lorsque tu m'en parles aussi durement , c'est parce que j'ai le malheur d'en connaître un depuis 12 ans , une crème , un frère , un chevalier au grand coeur qui m'a toujours considérée comme sa petite soeur(il a 12 ans de moins que moi !)et qui a été à mes côtés dans toutes mes galères .La dernière , la pire , il a accepté , cet horrible pas belge d'être le parrain de Jimmy .Inpardonnable , qu'il retourne dans son pays , qu'il m'oublies , que je ne puisse plus l'appeler au secours , quel songe merveilleux est tu donc en train de faire ? Il est ici , il a acheté une maison avec sa fiancée , une belge (pouah , la traîtresse) et il est venu a mon mariage le jour même , alors que toi tu n'as été invitée que le dimanche avec la famille . Pourquoi cet affront ? Je suis sure que tu n'as rien compris a mon attitude , je suis certes devenue folle depuis que j'ai été enceinte de Jimmy , continues à lire mes lettres , tu vas enfin comprendre (peut être ) comment j'en suis arrivée la .

Hier je t'avais laissée aux prémices de l'amour physique . Quoique tu en penses , il a mis 6 mois a me faire l'amour , cet homme qui allait profiter de la situation . Mais c'est arrivé . J'ai tout fait pour ca , ne lui en veut pas , je l'ai cherché .
Je n'oublierai jamais la date d'ailleurs . Le 29 octobre 1973 ...
c'était le week end et il faisait doux , il y avait un peu de soleil l'après midi et je l'ai rejoint au Buut . Il m'a proposé un petit tour , et puis on s'est retrouvé chez lui .Il m'a emmené dans sa chambre et a été très doux . J'avais peur , je tremblais mais je crois qu'il n'en a rien vu , il a juste vu que j'avais des taches rouges dans le cou .Il s'est retiré juste à temps , m'a assuré que je ne serais pas enceinte , qu'il avait fait le nécessaire . Je l'ai cru parce qu'au fond , je n'avais rien compris a son geste ;mais je lui faisais confiance .
Je me rappelle mon retour à la maison , je croyais que tu allais voir que j'avais changé , j'avais la trouille . J'ai fait semblant de rien mais je crois que tu as quand même deviné , je ne le saurai jamais . Après , je sais que tu l'as su parce que tu as été fouiller dans mon journal , mais ca , j'aurais du le savoir , si je ne voulais pas que tu saches quoi que ce soit , il fallait ne rien écrire .
Je vais chercher les enfants a l'école , a demain maman.

.../...
Alors la , tu as pris peur pour de bon , tu es intervenue et tu m'as dit être allée voir sa mère qui t'a dit qu'il n'était pas sérieux , qu'il valait mieux ne plus le voir et tu m'as interdit de le rencontrer encore .
Plusieurs fois je me suis rendue compte que tu avais eu tort . A vouloir a tout prix me séparer de lui , tu en as fait un Dieu à mes yeux . tu aurais du laisser aller cette histoire . A l'époque , avec mes 18ans , je n'aurais peut-être pas tenu la distance et l'amour , non l'idolâtrie que j'éprouvais se serait sans doute d'elle même éteinte parce qu'il était difficile à vivre . sa jalousie , sa possessivité me faisaient trembler mais je ne pouvais plus le voir , alors , tu as décuplé mes forces pour tout tenter .
de son côté , il était parti . Je ne savais pas ou , je savais juste que j'avais beau demander , personne ne savait plus rien . Je ne voyais plus sa voiture et j'étais morte d'angoisse . Il était clair que tu avais fait le nécessaire et mis des menaces a exécution .J'étais mineure et tu m'avais menacée de le dénoncer . qu'allait il devenir , il allait aller en prison pour avoir voulu m'aimer ?
de guerre lasse , le sixième soir que j'allais dans notre bistrot sans le voir , je me suis dit que j'allais m'amuser . J'acceptais donc son invitation à danser de l'un de ses copains .Je me laissais emporter par le slow et mon chagrin , je ne voulais plus penser à rien .Et il est rentré . M'a vu dans les bras de Manu , m'a regardé froidement et m'a conseillé de continuer à m'amuser .Il est sorti en claquant la porte et n'a rien voulu entendre . Le lendemain , il m'annonçait qu'il ne voulait plus me voir , qu'il avait dit à Jean de la Couronne(autre café ou nous allions quelquefois) ou il se trouvait , en l'occurrence au Luxembourg pour son travail .Mais Jean ne m'avait rien dit , et il ne voulait pas me croire . J'eus beau le supplier , tu avais gagné , il me quittait .Et tout cela me semblait tellement injuste , je n'avais rien fait de mal , mais il était submergé par les doutes , avait des problèmes car la B.S.R; l'avait arrêté pour le confronter avec des bijoutiers qui avaient été volés . ce n'était pas lui , mais tout cela alourdissait son énervement et je l'ennuyais puisque il doutait de moi .
J'ai pris un de ces jours la première cuite de ma vie , j'ai voulu noyer mon chagrin et bu quelques bières de trop . Je ne savais plus bien ce que je faisais , je me souvient que les autres riaient de moi parce que je m'adressais à sa voiture pour lui demander de ne pas me quitter . Pitoyable , je devais l'être , car un de ses copains m'a ramené à la maison .
Et la , c'est toi que je devais affronter , faire semblant de rien , surtout me tenir bien , et malade , dans les toilettes , aller dégager ce flot de bière en faisant en sorte que tu ne voies pas que j'étais malade . Tu avais gagné et je t'en voulais , j'étais sure , comme je n'avais pas fait de faux pas que la vraie raison de son départ était tes menaces de plainte ...
A suivi alors une période de vide ou je ne vivais plus que pour apercevoir sa voiture , garée devant chez Jenny , ou nous passions tous les matins quand mon père me conduisait à l'école . Je l'aperçut encore de loin , mais n'eut pas le cran d'aller encore le retrouver , persuadée de toute manière qu'il était heureux et m'avait oubliée dans les bras de sa fidèle amie . J'ai connu deux ou trois garçons , mais c'était lui que je cherchais à travers eux , je ne pouvais pas concevoir la vie sans sa brusquerie , sans ses airs de macho protecteur , et le pire de tout est que surtout , tout me semblait injustement être parti de ce malentendu que je ne saurais jamais lui expliquer .
J'ai alors rencontré un pauvre diable , sans volonté aucune , malheureux assez pour m'intéresser . C'était le fils d'une accoucheuse qui travaillait avec moi , j'avais terminé mes études et était partie de ta maison , me déclarant d'abord interne à la clinique ou je travaillais , et déménageant ensuite dans une misérable chambre meublée au loyer exorbitant mais qui avait l'avantage de représenter un chez moi , une liberté , Je gagnais ma vie et volait de mes propres ailes . je n'avait toujours pas oublié André mais j'habitais de l'autre côté de Bruxelles , je ne voyait plus sa voiture tous les jours et quand je venais te voir , le pincement au coeur que j'éprouvais en passant devant chez lui me prouvait que je n'avais pas réussi à l'oublier .

Je me suis mariée , j'avais 20 ans ,Je ne sais pas encore aujourd'hui si c'était par amour ou par pitié . Ou pour croire que j'allais vivre comme tout le monde . J'ai choisi la date de ton anniversaire le 14 décembre et mon père m'a conduit à l'autel . Il parait que j'étais jolie , en tout cas , je donnais l'impression d'être heureuse parce que personne n'a jamais su percer le fond de mes pensées et de mon coeur et après tout , cela arrangeait la famille de croire que j'avais enfin oublié Dede le marin.

.../...
Mon mariage fut le plus bel échec que ne fut jamais un mariage . Ce n'était pas difficile , j'avais épousé un faible , garçon de courses dans une entreprise , vivant de rapines et signant des bons de commande à tout vent , ne sachant jamais si on avait l'argent pour payer les traites qui allaient inéluctablement suivre les achats . Deux mois après le mariage , il rentrait un soir à minuit , passablement éméché en me disant avoir perdu son salaire dans le tram . J'étais en larmes , je ne savais plus quoi faire , je me suis précipitée chez toi et papa pour rechercher une protection . Tu m'as aidée , voyant bien que ce n'était pas la gloire mais ne sachant encore que la partie visible de l'iceberg . En effet , mon mari , fourbe , menteur , hypocrite , mauvais amant me dégoutait et cela ne faisait rien pour me rendre heureuse . J'allais travailler ,rentrait , trouvait des bons de commande pour des objets divers dans la boite aux lettres et annulait autant que possible en téléphonant et expliquant que ledit mari était insolvable , qu'il valait mieux ne pas livrer , que cela ne serait pas payé . Cela marchait quelquefois , parfois pas . Je travaillais donc pour payer des babioles , et je ne voyais pas la vie en rose .

Un soir de juin , un copain d'enfance , Christian , vint à la maison et nous avons décidé d'aller boire un verre . pourquoi pas au Buut , c'était tout près . Nous partons à trois dans la R4 et je bois quelques bières . ce n'était pas dans mes habitudes , j'étais donc bien guillerette lorsque nous sommes sortis , vers minuit pour rentrer . Et Il a traversé la rue . Devant moi , se dirigeant vers le bistrot d'ou l'on sortait , André , saoul , mais devant moi . Si je n'avais pas été aussi gaie , j'aurais passé mon chemin car ma réserve naturelle aurait empêché que je fasse un pas dans sa direction . Mais je l'ai fait , en riant ,je l'ai interpellé , Eh , André , tu ne me reconnais pas ?
Mon mari à qui j'avais parlé de lui me regardait , le regardait , ne comprenait pas ce qui se passait ? André , s'est retourné , m'a prise dans ses bras et je riais . Qu'est ce que tu fait ici , il ne m'avait pas oubliée , il se rappelait de moi ...Mon mari lui tapa sur l'épaule et lui dit que j'étais sa femme . Il eut d'abord un regard assassin et lui répondit simplement que j'étais la sienne . C'était assez comique et le soutenant , nous revoilà tous sur le trottoir . Venez boire un verre , dit André , on va discuter de tout ca . Alors il m'a invité a danser , je lui ai raconté mon mariage , pas mes problèmes pendant que mon mari jouait au billard avec Christian qui se demandait encore ce qu'àil était venu faire dans cette galère .D'autant plus que Dede ne dansait pas , il se collait simplement contre moi et ne semblait pas se soucier le moins du monde de ce mari que je lui avait présenté .

André m'apprit qu'il était à nouveau seul , que c'était fini avec Jenny , qu'il était sorti en ville pour trouver une nouvelle compagne et qu'il s'en revenait , décidant d'aller boire un dernier verre en sortant du dernier tram . Et c'est ainsi que nos chemins se sont croisé à nouveau , pour ton malheur , maman , j'avais retrouvé l'amour de ma vie .
mon mari commençait à en avoir assez et voulait rentrer . Comme André ne voulait pas me lâcher , il l'invita a venir boire un potage aux tomates à la maison .Jamais il n'a imaginé qu'il était tombé sur le diable en personne . A peine rentrés , André me suivait dans la cuisine , cherchait un rendez vous pour le lendemain et après avoir mangé le potage mémorable décréta que je devais le reconduire . Il étai cinq heures du matin , je travaillais a sept . je me dépêchait donc de le ramener chez lui et lui donnais , après une résistance forcenée mon numéro de téléphone . Il me dit qu'il allait m'appeler le lendemain midi , j'avais service coupé et j'etais libre de midi a trois heures .
Je rentrai a la maison , mon mari me regardait étrangement , j'étais heureuse et il devait sentir que c'était dangereux .

Le lendemain , André me téléphona , vint à ma porte , m'emmena faire un tour , voulut aller à l'hôtel .Je refusai , je devais d'abord reprendre mes esprits , j'étais mariée , heureuse de le revoir , pas heureuse avec Alain mais je ne pouvais pas tromper , ce n'était pas une chose qui entrait dans mes moeurs . Si il m'aimait vraiment , il allait attendre et j'allais quitter Alain . C'était le plus simple .
Et le soir même , j'ai annoncé a mon mari que j'arrêtais la comédie , qu'on allait divorcer .Il m'a dit m'aimer , vouloir continuer a vivre avec moi mais le ver était dans le fruit , mon choix était déjà fait , pourtant voulant être honnête jusqu'au bout , on allait partir trois jours au bord de la mer , cela nous donnerait le temps de réfléchir .
Tu sais maman , je n'étais pas fière de moi mais mon bonheur n'était pas avec ce mari de pacotille . j'allais souffrir avec André , je crois déjà que je n'en ignorais rien mais je savais que c'était le seul et unique amour , mon premier amour , celui avec lequel je savais tout supporter , celui sans lequel je ne faisais que faire semblant de vivre .
Tous les jours de nos vacances , je lui téléphonais , demandant à mon mari de venir avec moi dans la cabine parce que je ne voulais rien lui cacher . je savais qu'il aurait peut-être un petit peu mal mais qu'il m'oublierait et pendant ces trois jours , au lieu de réparer quoi que ce soit , je le convainquais qu'il fallait nous séparer parce que c'était mieux ainsi . je lui payerais le rachat des meubles , je savais être en tort , je ne lui demanderais rien et nous allions nous quitter bons amis .C'etai sans compter sans la famile qui nous a mis des batons dans les roues ; C'etait sans compter sans la justice qui n'autorisait le divorce par consentement mutuel qu'a partir de trois ans de mariage ou 2" ans d'age .
Bref , nous avons résolu le problème , j'étais mariée depuis sept mois , mon mari est reparti habiter chez sa mère et André est venu habiter chez moi .

Tu sais maman ,maintenant je trouve tout ca drole mais au moment des faits , j'étais à la fois heureuse et malheureuse , je ne pouvais te parler de rien car tu m'en as voulu de mon choix , tu as trouvé que je me conduisais mal , tu ne voulais plus me voir parce que je voulais divorcer et que cela ne se fait pas dans une famille comme la notre mais je n'etais pas bien dans ma peau , Pour l'amour je balancais tous mes principes au feu , parce que tu peut te dire que je ne me suis pas mariée en pensant divorcer , que j'ai tout de même cru que ce serait pour la vie , que si j'avais été heureuse avec mon mari , André n'aurait pas su revenir dans ma vie , il n'y aurait pas eu de place , et en réfléchissant plus loin j'étais encore une petite fille qui aurait eu besoin de ton appui et je n'ai trouvé qu'une porte close . Alors , choisir de vouloir vivre un bonheur en se voyant rejetée , c'est tres dur . Evidemment , tu ne savait pas ce qu'étais la vie avec mon mari parce que je ne t'avais rien dit a part la fois ou il était rentré sans argent mais tu as cru que je choisissais tout simplement le plaisir avec Andre . Tu m'as dit que j'avais cet homme dans la peau ? je t'ai répondu que c'était pire que ca , il était dans ma tête ;Tu ne savais pas que je pensais encore à lui , tu ne savais pas ce que j'avais ressenti pour lui , mais si tu ne le savais pas , c'etait parce que je n'avais pas pu t'en parler , il n'y avait pas de place dans ta vie pour les entiments et j'aurais du vivre mon mariage comme ce que tu m'en disais lorsque j'étais plus jeune :cette corvée pesante que j'avais osé balancer aux orties en préférant essayer de vivre d'amour , c'était abject , sale et vulgaire . Et j'allais le payer , tot ou tard , tu me l'as assuré .

?...

samedi 12 mars 2005

"Rêves et révoltes"

rêves et révoltes est un recueil de poësie que j'ai écrit avec une plume qui a été trempée dans l'encrier des yeux des gens que j'aime(allusion à un grand poète chanteur que j'adore). Si il vous est donné de lire ces lignes avec plaisir,faites le moi savoir...Nadine


Esclavage.


J'ai voulu rêver
d'une autre réalité, d'un monde sans taches
mais mes étoiles sont devenues l'enfer,
et de la drogue je suis devenue l'esclave

J'ai voulu manger,
goûter de tout pour vivre
mais c'était toujours trop ou pas assez,
et de la nourriture je suis devenue l'esclave

J'ai voulu guérir
car pour tous les maux il existe un remède,
mais le sommeil et l'oubli m'ont anéanti
et des médicaments je suis devenue l'esclave


J'ai voulu boire
car j'aimais le goût du vin et sa couleur
mais de ses effets je me suis enivré
et de l'alcool je suis devenue l'esclave


J'ai voulu fumer
car tout le monde le faisait et cela me semblait plaisant
mais de ma cigarette il ne reste que fumée
et du tabac je suis devenue l'esclave

J'ai voulu aimer
avec mon cœur, avec mon corps
mais j'y ai pris trop de plaisir et oublié les sentiments
et du sexe je suis devenue l'esclave

A présent, de ma prison je regarde le ciel bleu au dehors
et j'ai envie de liberté,
ce mot qui a fait le tour du monde sans jamais en revenir
et sur ma vie,
je le jure
je retrouverai amour et bonheur
Et ferai sauter les chaînes de mon esclavage.


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Ton corps est une guitare
Sur laquelle mes doigts aiment s'attarder
Cordes sensibles
Découvrant les notes de l'amour
Cordes vives
Réveillant en toi des frissons
Cordes douces
Lorsque tes lèvres murmurent leur plaisir
Corde métal
Lorsque cuivre chaud tu brûles de désir
Vis ma musique
Elle est composée pour toi, sur toi, avec toi
Elle n'appartient qu'à nous deux
Ma plus belle muse
Porte ton nom

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De pierres et de pavés,
Le chemin du chagrin.
De sourire et de larmes,
La route de l'enfant.
Celui que je porte.
Celui qui va naître.
Celui qui m'emporte.
Celui qui est mien.
De caresses et tendresse,
Le sentier de l'amour.
De larmes et tristesse,
L'allée des chagrins.
Une femme n'est qu'un cœur,
émotion de la vie
Neuf mois pour que tu deviennes
Un miracle.
Celui qui compte pour moi.
Celui qui compte pour toi.
Celui qui grandira.
Celui que j'aime déjà.
D'être en moi tu me donnes
Force et courage.
Tu nais et m'abandonnes
mais de t'avoir me donne l'impression
D'être invincible.


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Prière de l'amante


Pose ta main sur mon cœur
Je ferai de même tout à l'heure
Prends mes caresses
Ma tendresse
Mon amour
Jour après jour
Je n'ai rien d'autre à t'offrir
Que sentiments dont tout le monde peut rire
Ma richesse n'est pas faite de pièces
Mais mon cœur sera en or
Si tu en fait ton trésor
Mes yeux seront diamants
Si ton sourire les rend brillants
Rivières de larmes sont mes souvenirs
Ton avenir
Peut transformer plaies en pierres précieuses
Ne me juge pas si je suis absente
Si je m'évade du temps présent
Vivre est une souffrance
Un enfer
Créé par l'homme sans sentiments

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Extinction des feux


Inexorablement
Le temps à petits pas
Sans rien dire vraiment
A atrophié ta voix
...tu ne sais plus dire « je t'aime »...

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De ma prison


De ma prison,
point de soleil, de ciel, d'étoiles
De ma prison,
la vie reste au dehors
De ma prison,
le gris est ma couleur, le noir ma religion
De ma prison,
le bonheur est un mythe, un rêve évanoui
De ma prison,
il ne reste rien que ma vie
Ma vie, une vie,
Ma liberté, la liberté
dans une geôle, ce mot n'existe pas
Hors la fuite,
Comment s'évade t'on d'une prison ? ...


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Dusses je vivre cent ans
Il est un sentier que je n'oublierai
Celui de ton sourire
Celui de tes yeux

Dusses je vivre cent ans
Il est un chemin qui me mène vers toi
Celui des roses
Celui de tes baisers

Dusses je vivre cent ans
Il est une rivière qui descend vers ton cœur
Celle de mon amitié
Celle de ma tendresse

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De tous ces êtres pétris d'orgueil
De tous ces gens si suffisants
De la porte elle a franchi le seuil,
D'une main refermé le battant
En larmes déguenillée elle erre
Image incarnate de la misère

De toutes les peines oubliées
De tous les chagrins aux larmes inutiles
Il ne reste que papier chiffonné
Dont la soie était trop fragile
Elle a souffert au delà de la raison
Elle périra faute d'illusion


De toute cette beauté gaspillée
De tout cet amour irréel et douloureux
Son cœur en lambeaux lacéré
Ne connaîtra plus ces moments heureux
Qui d'une vie font l'essentiel
Et enlève le goût du fiel

D'un océan bleu de larmes
A la montagne inaccessible d'un amour qu'elle veut fuir
Elle s'en, va déposer les armes
Loin des sources de ses désirs
Oubliant ses rêves de pureté
Résolue à vivre de navrante réalité

Elle a aimé
Elle a vécu
Elle a donné
Elle a perdu

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

J'aime tes yeux
Quand ils s'évadent vers d'autres horizons
J'aime ta bouche
Quand tu murmures ton plaisir
J'aime tes mains
Quand elles caressent doucement mes cheveux
J'aime tes bras
Quand ils m'enferment tendrement
J'aime ton corps
Quand il se rapproche du mien
J'aime ton souffle
Quand il devient plus court
J'aime ta force
Quand notre étreinte devient violente
J'aime ta façon de rester en moi
Quand tu t'endors après l'amour
Je t'ai rencontré
Tu as changé ma vie
En conte de mille et une nuits
Je suis heureuse
J'ai de la chance
Je t'aime


--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

A toi.


L'empreinte d'un pas sur le sable
laisse derrière elle une trace
qui s'efface avec l'écume des vagues.

L'amour qu'on a dans le regard
laisse derrière lui une trace
qui s'efface avec les larmes versées pour ou par les autres

La tendresse que tu possèdes dans le cœur
laisse derrière elle une trace
que n'efface pas le temps qui passe...


--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

IL


Il est un diamant
Que l'on ne peut briser avec des paroles de haine
Il est une perle
Que l'on ne peut ternir avec de l'incompréhension
Il est un saphir bleu profond
Ou se noient les peines et les chagrins
Il est une émeraude
Qui a la couleur de l'espoir et des rires
Il est un trésor immense
Fait de tous ces joyaux réunis
C'est mon amour
C'est mon ami
C'est mon tendre compagnon
C'est mon ange
J'ai peur de le perdre au détour de la vie
Mais surtout ne lui dites pas
Mon cœur ne peut pas être sa prison...

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A ceux que je n'aime pas


A tous les biens pensants
Pour qui penser n'est qu'un passe temps !
A tous les beaux parleurs
Qui parlent sans jamais rien dire d'essentiel !
A tous ceux qui veulent bien faire
Mais qui ne font jamais rien

A tous ceux la je dis
Bravo, continuez
Excusez-moi de ne pas être comme vous
Mais laissez moi être comme je suis
Et même si je perds mon temps
Et même si ça ne sert à rien
Ne me le dites pas
Et laissez moi rêver
De mon monde imaginaire
Il y fait si bon vivre...


--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------


Tous les enfants
Sont comme le tien
Tous les enfants

Ceux qui ont peur, ceux qui ont faim
Ceux qui sont proches, ceux qui sont loin
Bébés endormis au sein d'une mère épuisée
Frères et sœurs en exil partant le cœur serré

Adolescents en uniforme, armes au poing
Petit être désabusé tenant au creux de sa main
Cette saleté de joint
Qui risque de le faire devenir un matin
Ce zombie à la seringue qui a perdu son chemin

Esclaves de désirs pervers pour un croûton de pain
Espérant seulement un meilleur lendemain
Asservis à l'ignorance par de mauvais apôtres
Distribuant l'aumône pour le travail du pauvre

Tous ces enfants ce sont les nôtres
Il nous faut à tout prix les protéger
Ils n'ont pas à payer de leur vie
Notre bêtise et notre lâcheté


--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

A toi, Jimmy

Toi, mon enfant
différent pour les autres,
Tu l 'es aussi pour moi ;
Et de ta différence,
Naît chaque jour ma fierté.
Le refus des miens à t 'accepter
a décuplé mon amour,
le droit à être porté,
tu l 'as acquis au péril de ta vie
avant même d 'ouvrir tes yeux au monde
ce monde qui te jugeras sans doute sur ton aspect
et non sur ta valeur
et si cela me fait déjà trembler
il est pourtant une chose que je sais :
de toutes mes forces, je le prouverai
l 'amour fait des miracles
et le premier a été de t 'avoir près de moi...

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Naissance

Au commencement il y eut un orage d'amour
Mains entrelacées et souffles mêlés
Ensuite un océan
Qui ressemblait à ceux des mers du sud
Chaud, doux, d'un goût exquis
Quelques petites vaguelettes amenées par les caresses
D'une main sur un ventre aux courbes douces
Suivit un moment douloureux
Ou tout se déchirât autour de moi
Et une angoisse indicible
Me fit hurler dans le froid et la lumière aveuglante
Alors très vite deux mains me déposèrent sur un lit de satin
Ou des lèvres douces se pressèrent sur mes joues
Une musique mélodieuse murmurait des paroles d'amour
A mes oreilles qui reconnaissaient une voix connue.
Ma peur s'évanouit et mes yeux se fermèrent de bonheur
J'avais retrouvé l'été, le soleil, la chaleur
Et s'il me manquait les vagues
Peu m'importait
Puisque je sentais de façon animale
L'amour de ma mère m'envahir...


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Rupture

Souvenirs envahissants
Ciel lourd, plombé
Soleil absent
Plaines inondées

Le monde chavire
Tempête de sentiments
Naufrage du navire
Larmes deviennent mer de coraux

Envol de la passion
Pour d'autres horizons
Désert d'amour
Ecrit ce jour
Sur ma carte du tendre


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Avec l'amour au fond du cœur
Avec l'amour au bord des yeux
Toi qui te promènes
Regardes autour de toi
Toi qui ne vois rien
Ouvres tes yeux
Regardes vers l'horizon
Avec l'amour tout simplement
Avec l'amour tout peut changer...

-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

J'aimerais que mon fils soit fier de dire :

« je suis venu au monde parce que mes parents se sont aimés
je suis venu au monde parce que la vie est imparfaite
je suis venu au monde parce que ma mère avait tout à donner
je suis venu au monde parce que l'amour est plus fort que tout »

et j'entendrais sa mère lui répondre :

« pour un moment d'amour et de tendresse
m'étaient promises des années de tristesse
d'avoir eu à choisir entre la vie et la mort
j'ai voulu être sauvée de mon chagrin

deux clefs me furent offertes
celle de l'enfer, celle du paradis
le seul obstacle est que je ne savais
si le paradis existait encore pour moi

il semblait que je me trompasse
et que mon cœur dusse l'emporter sur la raison
après tout n'avais je pas toujours vécu
me laissant guider par mes sentiments


Alors que depuis la première heure
Mon choix me guidait vers la vie et l'amour
Il était pourtant réel que le doute en moi subsiste
Ne m'apportant que souffrance et confusion

Après bien des hésitations, des océans de larmes
Je ne pouvais être coupable d'assassinat
Et j'ai opté d'attendre pour te serrer contre moi
Faisant fi des catastrophes qui m'étaient gentiment prédites

A présent que j'ai trouvé la paix
Je sais que je n'ai jamais cessé de t'aimer
Et que mon bonheur viendra aussi de toi
Le reste du monde n'a qua bien se tenir
Nous serons au moins deux pour les faire réfléchir...

Jimmy est né le 28/3/1998
C'est un petit trisomique
Nous savons d'ores et déjà qu'il ne fera pas de hautes études universitaires mais cela n'est pas nécessaire
Pour qu'il soit le roi de nos cœurs

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